Crise migratoire : l'UE lance une procédure d'infraction contre trois pays

Une famille de réfugiés syriens à Athènes sur le point d'embarquer à destination de Madrid

Une famille de réfugiés syriens à Athènes sur le point d'embarquer à destination de Madrid

La Commission européenne a annoncé mardi qu'elle allait lancer des procédures légales contre la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, pour leur refus catégorique d'accueillir des demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce.

Face à l'afflux inouï de demandeurs d'asile sur les côtes italiennes et grecques, où sont arrivés plus d'un million de migrants en 2015, les États membres de l'Union européenne (UE) avaient adopté en septembre 2015 un plan de répartition de 160 000 personnes en deux ans vers le reste de l'UE (c'est-à-dire d'ici à septembre 2017).

"Nous avons épuisé tous les moyens" avant d'en arriver à ces procédures, a déclaré Dimitris Avramopoulos, le commissaire en charge des migrations, lors d'une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg.

Mais seulement un peu moins de 21'000 personnes ont été réparties dans le cadre de ce plan, conçu comme une dérogation temporaire à la règle décriée confiant la responsabilité des demandes d'asile aux pays de première entrée dans l'UE.

" L'Europe, ce n'est pas seulement pour demander des financements et assurer la sécurité", a-t-il également insisté.

La Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie et la République tchèque avaient voté contre le projet.

Dans un communiqué, le CNCD-11.11.11, la coupole d'associations nord-sud, pointe le mauvais bulletin de la Belgique en la matière, car à moins de trois mois de l'échéance fixée par l'UE, le pays n'a relocalisé en deux ans que 623 demandeurs d'asile sur les 3812 prévus par l'UE.

Elle est lancée à quelques jours de la journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, qui sera précédée de manifestations de solidarité en Espagne et ailleurs, notamment samedi.

En prenant pour cibles Varsovie, Budapest et Prague, la Commission s'est concentrée sur les pays qui ont manifesté l'hostilité la plus forte.

Les procédures d'infraction européennes peuvent aboutir à une saisine de la Cour de justice de l'UE (CJUE) et le cas échéant à de lourdes sanctions financières.

Son homologue polonais, Witold Waszczykowski, avait lui aussi pris les devants mardi, assurant que son pays ne se sentait pas "menacé" par d'éventuelles sanctions, qualifiées d'"illégales".

"Si l'Europe, une union de pays riches, n'est pas capables de partager cette responsabilité, comment pouvons-nous dire au reste du monde qu'il doit accueillir des réfugiés?", s'est-il interrogé en soulignant que 90% des 65 millions de personnes réfugiées ou déplacées se trouvent dans des pays pauvres.

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