L'état du Qatar accusé par ses voisins de financer le terrorisme — Sécurité

Regain de tension avec l'Iran après la déclaration de Donald Trump

Crise au Moyen-Orient : De quoi se mêle-t-on ? (Abdou Khadre Lô)

"Le Qatar est prêt à s'asseoir et négocier (avec les pays du Golfe) au sujet de la sécurité du Golfe".

Le ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Mohammad ben Abdel Rahman Al Thani, a affirmé lundi à Paris que personne ne pouvait dicter "la politique étrangère" de son pays, au centre d'une crise avec ses voisins du Golfe. Le clou vient d'être enfoncé dans la plaie ce vendredi lorsque, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l'Egypte et le Bahreïn ont publié une liste noire de 59 personnalités et 12 entités liées à l'émirat du Qatar, dont le guide spirituel des Frères musulmans Youssef al-Qaradaoui.

Cette rupture s'accompagne de mesures économiques, comme la fermeture des liaisons aériennes et maritimes avec le Qatar et de la seule frontière terrestre de l'émirat, ainsi que des interdictions de survol et des restrictions aux déplacements des personnes.

Amnesty International a averti samedi que, en appliquant de telles mesures drastiques, Ryad et ses alliés "jouaient" avec la vie de milliers d'habitants du Golfe, séparant des familles et détruisant les moyens de subsistance et d'éducation d'une partie de la population.

Ils reprochent au Qatar de soutenir des "organisations extrémistes" et de se rapprocher de l'Iran, grand rival chiite du royaume saoudien sunnite. "Nous constatons un manque de nourriture, des familles sont séparées de force et des enfants sont retirés de l'école".

S'exprimant quelques heures plus tard, le président Donald Trump a cependant adopté un ton plus ferme vis à vis du Qatar en l'exhortant à arrêter "immédiatement" de financer "le terrorisme". 'La nation du Qatar, malheureusement, a historiquement financé le terrorisme à un très haut niveau', a-t-il accusé devant la presse à la Maison Blanche.

Ces propos ont été salués samedi à Ryad tandis que l'ambassadeur émirati à Washington jugeait que M. Trump avait fait preuve de "leadership" dans ses propos contre Doha et "son soutien troublant à l'extrémisme". Ils n'ont en revanche pas répondu à l'appel du département d'Etat américain qui leur demandait d'alléger la pression sur Doha.

Le Qatar, qui héberge une immense base militaire américaine cruciale dans la lutte contre le groupe Etat islamique, a rejeté toutes les accusations formulées contre lui cette semaine. Elle a estimé que les pays du Golfe, ainsi que l'Iran et la Turquie devaient travailler ensemble pour résoudre le différend régional.

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