Un pneumologue jugé pour avoir menti au Sénat

Le pneumologue Michel Aubier sera jugé à partir de mercredi pour avoir menti sur ses liens avec

Le pneumologue Michel Aubier sera jugé à partir de mercredi pour avoir menti sur ses liens avec

C'est une première pour le Sénat et pour la justice.

En 2015, Michel Aubier est auditionné - en sa qualité de chef du service pneumologie devant la commission d'enquête sénatoriale - sur le coût économique et financier de la pollution. En mars 2016, devant la même commission réunie à huis clos, il avait toutefois confirmé des informations révélées par Libération et Le Canard Enchaîné, à savoir qu'il touchait de 50.000 à 60.000 euros par an du groupe pétrolier Total depuis la fin des années 1990. Tandis qu'il déclarait le nombre de cancers liés à la pollution "extrêmement faible", et qu'il n'y avait "aucun lien avec les acteurs économiques" du secteur, il s'est gardé de mentionner ses liens avec le groupe Total, selon l'enquête du Monde. C'est ce qui lui vaut d'être jugé pour "témoignage mensonger", comme s'il avait menti devant un tribunal, un délit est passible de cinq ans de prison maximum et 75 000 euros d'amende.

Et ce n'est pas tout. Le professeur aurait touché plus de 150 000€ par an. Sans oublier les actions gratuites perçues: 1200 en en 2014 -61 548 euros-, 1100 en 2013 et 740 en 2012, le tout alors que son contrat ne l'obligeait qu'à "environ 9 demi-journées par mois" dans les locaux de l'entreprise. " Ses fonctions de médecin du travail au siège du groupe n'ont rien à voir avec l'activité industrielle de Total ", avait-il déclaré, précisant qu'il était par ailleurs membre de la fondation Total, chargé d'organiser l'action humanitaire.

Plus largement, il entend " critiquer durement " le fonctionnement même de ces commissions parlementaires. Le Sénat s'est constitué partie civile dans cette affaire, tout comme les deux organisations non gouvernementales Générations futures et Écologie sans frontière. "Mais s'il y a un serment, alors on peut attendre des membres qu'ils se comportent comme des magistrats, avec la même impartialité", a-t-il dit à l'AFP, rappelant que la rapporteure de la commission, la sénatrice écologiste Leila Aïchi, s'était publiquement émue d'un " mensonge (.) inadmissible ".

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