Affaire Gregory: garde à vue prolongée pour trois personnes

Affaire Grégory : trois individus placés en garde à vue

Affaire Gregory: garde à vue prolongée pour trois personnes

La lettre d'un "corbeau" anonyme revendiquant le meurtre en invoquant une "vengeance", apparemment postée à l'heure où le corps n'avait pas encore été retrouvé, donnait d'emblée à cet horrible fait-divers une dimension mystérieuse.

"A ce stade, les investigations montrent à l'évidence que plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime", a avancé le procureur."Quelques jours avant le passage à l'acte, des repérages et surveillances ont été réalisés, opérés par un homme portant une moustache et quelques fois accompagné d'une femme".

Cinq membres de la famille Villemin étaient interrogés mercredi par les enquêteurs, dont trois sous le régime de la garde à vue, dans le cadre de l'affaire Grégory, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier.

"Devant l'absence de concordance de traces ADN, dont le procureur général de Dijon a fait le constat public à plusieurs reprises et pour la dernière fois en 2014, d'autres axes d'enquête ont été explorés", a précisé le procureur général de Dijon.

Et une première révélation est apparue: Jacqueline Jacob, la grand-tante de Grégory actuellement parmi les gardés à vue, a été reconnue comme l'auteure de l'une des lettres manuscrites de menaces envoyée à la famille Villemin en 1983, un an avant le drame.

Bernard Laroche, le cousin du père de Grégory, Jean-Marie Villemin, avait fait un temps figure de principal suspect, avant d'être tué par le père de l'enfant.

C'est un véritable rebondissement dans l'affaire Villemin qui soulève beaucoup d'interrogations.

Le 14 juin 2017, l'oncle et la tante de Jean-Marie Villemin, ainsi qu'une belle-soeur, sont interpellés dans les Vosges, et la grand-mère de Grégory, Monique Villemin, est également entendue, mais en audition libre en raison de son état de santé. M. Villemin sera condamné pour ce meurtre à 4 ans de prison en 1993. Ces interpellations relancent une affaire des plus énigmatiques de l'histoire criminelle depuis la découverte du cadavre de Grégory Villemin, quatre ans, au soir du 16 octobre 1984, pieds et poings liés dans les eaux froides de la Vologne.

Si les expertises n'ont pas permis d'en identifier l'auteur, "on peut cependant observer une similitude importante des termes" utilisés dans ce document avec la lettre de 1983, a relevé le procureur général. Le logiciel a ainsi mis au jour de nouvelles incohérences, que les enquêteurs cherchent à comprendre. Ils avaient été soupçonnés un temps d'être les corbeaux de l'affaire. Ayant purgé l'essentiel de sa peine en détention préventive, il est libéré deux semaines plus tard. "Près de 2.000 courriers anonymes, reçus par les protagonistes de l'affaire, mais aussi par les magistrats, ont été analysés en détail", a-t-il détaillé.

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