Philippe recadre Bayrou, qui ne se démonte pas

Pourquoi François Bayrou accuse la mairie de Paris dans l'affaire des emplois fictifs du Modem

François Bayrou accuse la mairie de Paris dans l'affaire des emplois fictifs du ModemPlus

Mercredi 14 juin, à l'issue d'un long conseil des ministres, au cours duquel était présenté le projet de loi pour la confiance dans notre vie démocratique, le Premier ministre Édouard Philippe a ostensiblement manifesté complicité et prévenance envers son garde des Sceaux: descente conjointe du perron du l'Élysée, conversation et sourires complices, poignée de main appuyée avant de rejoindre sa voiture. François Bayrou est accusé d'avoir tenté de faire pression sur Radio France.

Le ministre de la justice avait appelé la semaine dernière un des directeurs de Radio France pour se plaindre des appels de ses journalistes à des collaboratrices de son parti, le MoDem.

Un ex-collaborateur du MoDem a dénoncé a réalité de son emploi comme assistant parlementaire d'un ancien eurodéputé, Jean-Luc Bennahmias.

Le parquet de Paris a ouvert vendredi une enquête préliminaire pour " abus de confiance et recel " pour déterminer si le MoDem a salarié des employés en les faisant passer pour des assistants parlementaires européens.

François Bayrou, ministre de la Justice. "Mais quand on est ministre on n'est plus seulement un homme animé par ses humeurs, ses passions, je pense qu'il a parfaitement conscience de ça", a-t-il conclu. " Le truc est assez simple : quand on est ministre on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen ", a cinglé le Premier ministre.

Les premières crispations au sein du gouvernement apparaissent au grand jour. Il y aurait par ailleurs eu un discret changement de biographie sur Twitter: la mention "ministre de la Justice" a disparu, et a été remplacée par "maire de Pau". "Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire à des Français, des responsables, qu'ils soient politiques, qu'ils soient journalistiques, qu'ils soient médiatiques, chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai", a répondu François Bayrou devant la presse lors d'un déplacement.

Il a assuré avoir toujours "défendu" la liberté de la presse mais, a-t-il ajouté, "il faut aussi qu'il puisse y avoir le rappel d'un certain nombre de convictions civiques que nous devons partager tous".

"Oui il y a un problème Bayrou".

"On nous avait dit qu'on allait voir ce qu'on allait voir et que vraiment les choses allaient bien tourner", a-t-il relevé. Le journaliste a répliqué que le ministre aurait parlé d'une possibilité de qualification de harcèlement avec ses avocats.

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