Affaire Grégory : la grand tante mise en examen, le grand oncle

Trente-deux ans après la mort du petit Grégory, deux membres de la famille Villemin devraient être mis en examen ce vendredi après-midi.

C'est un rebondissement majeur dans cette affaire sans coupable ni mobile, qui a tenu en haleine la France pendant trois décennies, fait l'objet de 3.000 articles de presse, une cinquantaine de travaux universitaires, un téléfilm et une quinzaine d'ouvrages.

Le cadavre du petit Grégory Villemin avait été retrouvé le soir du 16 octobre 1984, pieds et poings liés dans les eaux froides de la Vologne, dans les Vosges (nord-est).

Mercredi, les gendarmes de la section de recherches de Dijon avaient placé en garde à vue Marcel Jacob, oncle maternel de Jean-Marie Villemin (le père de l'enfant assassiné), sa femme Jacqueline, ainsi qu'une belle-soeur du père, Ginette Villemin. Une demande de placement en détention provisoire pour quatre jours a également été requise.

Ils avaient été placés en garde à vue mercredi, après leur interpellation dans les Vosges (nord-est).

Le parquet général de Dijon a requis la mise en examen de Marcel Jacob pour "séquestration de mineur suivie de mort", laissant donc penser que le grand-oncle a participé directement au crime de Grégory. Et les grands-parents paternels de l'enfant ont eux été entendus comme témoins à leur domicile.

De son côté, Marcel Jacob est suspecté d'avoir fait des repérages.

Et c'est le "clan Laroche" qui se retrouve de nouveau au centre de l'enquête, relancée par l'analyse graphologique des lettres de menaces et autres courriers anonymes qui foisonnent dans le dossier, à défaut d'analyses ADN probantes.

La grand-mère, Monique Villemin, 85 ans aujourd'hui, serait quant à elle l'auteur d'une lettre de menaces datant de 1989, adressée au juge Maurice Simon, alors chargé de l'instruction et décédé depuis.

Les enquêteurs se sont aussi penchés à de nombreuses reprises sur un mystérieux "corbeau" ayant revendiqué le meurtre de l'enfant, invoquant une "vengeance", en particulier dans une lettre postée apparemment avant la découverte du corps en 1984.

"Sur le fond, il n'y a pas d'éléments nouveaux", souligne-t-on de source proche de l'enquête mais le logiciel d'analyse criminelle Anacrim, conçu et utilisé par la gendarmerie, a permis d'avoir "un regard neuf sur la procédure".

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