Affaire Grégory : le couple Jacob, mis en examen, a nié toute implication

S'il assure qu'on "ne peut pas ne pas faire le lien entre les lettres de menace et les appels téléphoniques anonymes et la lettre de revendication, l'enlèvement de Grégory, enlèvement suivi par sa mort", Jean-Jacques Bosc ne cache pas qu'il existe encore de grandes zones d'ombre.

Les premières investigations sur l'affaire avaient été bâclées: les gendarmes avaient oublié de relever les traces de pneus près de la rivière, les prélèvements sur le terrain avaient été mal collectés, l'autopsie de l'enfant avait été incomplète. Selon une source proche du dossier contactée par l'AFP, Jacqueline Jacob a été mise en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort.

Si l'enquête a pu être relancée, c'est parce que la prescription ne s'applique toujours pas à l'affaire Grégory, en raison notamment de plusieurs réouvertures du dossier.

Marcel Jacob a été quant à lui plus dissert, tout en gardant sa ligne de défense. "Monsieur Jacob s'est expliqué devant la présidente mais a nié les faits", a rapporté Jean-Jacques Bosc devant la presse. Lui et son épouse Christine reçoivent des appels tantôt silencieux, tantôt avec de la musique. Le magistrat a confirmé un lien entre plusieurs lettres anonymes, dont une attribuée à Jacqueline Villemin, et l'enlèvement de l'enfant. Les grands-parents paternels de l'enfant ont eux été entendus comme témoins à leur domicile dans les Vosges. Des éléments suffisants pour inculper Jacqueline Jacob selon les enquêteurs.

Cinq membres de sa famille ont été interpellés mercredi. "Voilà ma vengeance, pauvre con". Si l'auteur n'est pas formellement connu, la justice a constaté "une similitude importante des termes" utilisés dans ce document et dans la lettre de 1983, attribuée à Jacqueline Jacob. Par ailleurs, son emploi du temps du mardi 16 octobre 1984 - jour de la découverte du corps de Grégory -, ainsi que celui de son mari, n'avait jamais été clairement reconstitué. "L'éventualité d'une absence momentanée de leur lieu de travail ne saurait être exclue", avaient considéré les enquêteurs de l'époque.

Coup de théâtre, 32 ans après la mort du petit Grégory: sa grand-tante, Jacqueline Jacob, aurait été mise en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort, vendredi à Dijon, dans cette affaire, une des plus énigmatiques de l'histoire criminelle.

Ils ne sont pas étonnés que cela se passe dans l'espace familial, ils le savent depuis le départ.
"Je ne veux pas rentrer dans le détail, mais ils ont essentiellement contesté les faits, les lettres anonymes..." Soupçonné une première fois d'être le corbeau, il n'avait toutefois encore jamais été inquiété par la justice. Le couple nie pour le moment toute participation aux faits reprochés. Qui sont les protagonistes de l'affaire?

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