"Affaire Grégory : "mise en examen pour " séquestration " requise pour Marcel Jacob

Affaire Grégory: Plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime

Le procureur général de Dijon Jean Jacques Bosc le 15 juin 2017Plus

Marcel et Jacqueline Jacob, le grand-oncle et la grand-tante du petit Grégory Villemin, ont été mis en examen et écroués vendredi pour enlèvement, et séquestration suivie de mort.

Christine et Jean-Marie Villemin, les parents du petit Grégory, pleurent devant son cercueil lors de ses obsèques le 20 octobre 1984 à Lépanges-sur-Vologne. Le parquet général a par ailleurs requis une mise en examen pour "séquestration" à l'encontre de Marcel Jacob, son époux de 71 ans, selon son avocat.

Et depuis mercredi, c'est le "clan Laroche" qui est revenu sur le devant de la scène: Marcel Jacob et Michel Villemin, frère de Jean-Marie et défunt époux de Ginette, étaient en effet très liés à Bernard Laroche, respectivement leur neveu et cousin. Des expertises graphologiques sont au cœur de l'enquête, à défaut d'analyses ADN probantes, le dossier étant riche en lettres de menaces et autres courriers anonymes. Jacqueline Jacob aurait donc envoyé une lettre de trois pages, en écriture cursive, à l'attention des grands-parents de Grégory. Selon une source proche du dossier, les enquêteurs ont retrouvé des "notes" de Marcel Jacob où il affirme ne pas être le meurtrier de l'enfant. Or, celui-ci ne présente pas en l'état d'alibi qui soit confirmé ou étayé selon le procureur. Ceux qui ont participé à cet enlèvement sont les auteurs du crime (.) Nous ne savons pas de quelle façon est mort Grégory.

De nouvelles expertises sur une lettre manuscrite et anonyme ont orienté les soupçons vers Jacqueline Jacob.

Même si ce n'est pas la première fois ici, les derniers rebondissements dans l'affaire du meurtre de Grégory Villemin nous amènent à aborder de nouveau la question de la prescription de l'action publique et celle de l'allongement des délais en la matière. La justice constate "une similitude importante des termes " utilisés dans ce document et dans la lettre de 1983. "On n'a aucun élément matériel, rien, on a mis la charrue avant les boeufs", s'est empressé d'annoncer, au sortir du palais de justice, M Stéphane Giuranna, l'avocat de Marcel Jacob, qui a "jugé criminel de jeter en pâture le nom d'un couple ". Trente-deux ans après l'assassinat du garçon, retrouvé pieds et poings liés dans les eaux froides de la Vologne le 16 octobre 1984, le mystère se dissipe peu à peu. Et le procureur d'évoquer une altercation entre Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, et Marcel Jacob en décembre 1982 au cours de laquelle ce dernier aurait déclaré "Je ne sers pas la main d'un chef", le mot "chef", se retrouvant dans un certain nombre d'écrits anonymes. Et les grands-parents paternels de l'enfant ont eux été entendus comme témoins à leur domicile.

Quels sont les éléments d'enquête nouveaux qui ont permis d'aboutir à ces mises en examen?

Une hypothèse mise en avant par AnaCrim, le logiciel d'analyse criminelle de la gendarmerie sur lequel s'appuient aujourd'hui les enquêteurs de la SR de Dijon.

Dans le clan Jacob-Villemin, les relations n'ont jamais été au.

Le juge Lambert chargé alors de l'instruction venait d'opérer un revirement en reportant ses soupçons vers la mère, Christine Villemin, finalement innocentée en 1993 au terme d'un non-lieu retentissant.

En 1984, Murielle Bolle, la jeune belle-sœur de Bernard Laroche, avait affirmé qu'elle était avec lui le jour du meurtre et avoir assisté à l'enlèvement de Grégory, avant de se rétracter trois jours plus tard.

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