Aumontzey partagé entre stupeur et convictions — Affaire Grégory

Le village du petit garçon retrouvé mort en 1984

Le village du petit garçon retrouvé mort en 1984. Image AFP

"Ma vengeance est faite". Mieux: oncle et neveu cultivent une ressemblance physique, moustache et favoris, suscitant parfois la confusion. Les expertises récentes d'une lettre de menaces, manuscrite et anonyme, adressée en 1983 à Jean-Marie Villemin, désignent Jacqueline Jacob comme une auteure possible. Mais il navait encore jamais été inquiété par la justice.

Marcel Jacob, 72 ans, est le grand-oncle de Grégory. La grande-tante de Grégory n'a jamais été interrogée durant les cinq premières années d'enquête puis, convoquée pour la première fois en 1989, elle s'est montrée particulièrement réticente à répondre aux questions. De nouvelles expertises graphologiques ont relancé l'enquête.

Le petit Grégory a été retrouvé mort le 16 octobre 1984, dans une rivière des Vosges. "L'éventualité d'une absence momentanée de leur lieu de travail ne saurait être exclue", avaient considéré les enquêteurs de l'époque. Je pense qu'il y a un piège et qu'ils vont nous sortir de nouveaux éléments lundi. Ils avaient été placés mercredi en garde à vue, ainsi qu'une belle-soeur du père, Ginette Villemin, remise en liberté jeudi en fin d'après-midi. Elle a longtemps été soupçonnée dêtre le corbeau avec son mari Michel, un frère de Jean-Marie mort en 2010. Il a été abattu par le père de l'enfant avant que la mère, Christine Villemin, ne soit elle-même poursuivie. A chaque fois, une personne est au centre des menaces: le père de Grégory, Jean-Marie Villemin. Il a expliqué par ailleurs que "Bernard Laroche aurait participé à l'enlèvement". "Il faut être un chef pour se payer ça!", lui répond Michel, qui racontait tout à son cousin, Bernard Laroche, dont il était très proche. Ce dernier a affirmé avoir reçu, peu de temps après leur séparation vers 17 h 30, un appel téléphonique du corbeau revendiquant le meurtre de Grégory. "L'enfant a été enlevé du domicile de ses parents, séquestré et retenu un certain temps jusqu'à sa mort. Vous comprenez, ici tout le monde connaît tout le monde et un mot de travers peut vous mettre au pilori du village", se défend-elle. "Elle a toujours affirmé qu'il n'en était rien." . Quand Christine Villemin a été totalement disculpée, il est dit dans l'arrêt que Bernard Laroche est certainement le ravisseur de Grégory, mais pas le meurtrier.

Il a précisé qu'il allait rapidement demander "la nullité de la mise en examen" de son client, qui aurait dû, selon lui, seulement être placé sous le statut de témoin assisté. Elle s'emploie en outre à défendre la mémoire de Bernard Laroche, tué par son fils Jean-Marie en 1985, car il le croit coupable de la mort de Grégory, en se disant convaincue de son innocence.

Laffront lui vaut une rupture durable avec son fils et sa bru.

Bernard Laroche le 5 novembre 1984. Ginette Villemin, une belle sœur, est elle aussi interpellée.

La grand-tante du petit Grégory, Jacqueline Jacob, a été inculpée pour enlèvement et séquestration suivie de mort, 32 ans après le meurtre de cet enfant de quatre ans retrouvé mort dans un cours d'eau dans l'est de la France, a-t-on appris de source proche du dossier.

Revenue sur ses déclarations trois jours plus tard, en accusant les gendarmes de les avoir recueillies sous la pression, cette adolescente à la crinière rousse sest depuis retranchée dans un silence pesant.

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