Emmanuel Macron remporte largement son pari — Législatives

Premier tour des législatives, vers une majorité parlementaire profondément bouleversée

Raz-de-marée en vue pour En marche ! aux législatives

A noter enfin l'abstention record qui a marqué ce dimanche de vote.

Le premier tour des élections législatives françaises s'est déroulé comme le prédisaient la quasi-totalité des sondages depuis plusieurs jours: une très nette avance du parti du Président avec, selon les premières estimations, 32,9% des voix, ce qui devrait assurer à La République en Marche une confortable majorité à l'issue du second tour.

"La France est de retour", s'est félicité le Premier ministre Edouard Philippe, en vantant les mérites d'un président qui "a su incarner en France comme sur la scène internationale, la confiance, la volonté et l'audace". Se gardant de triomphalisme, l'Elysée ne fera pas non plus "de commentaire".

Le patron du PS, éliminé à Paris, fait partie du cortège des battus, avec les anciens ministres Mathias Fekl, Pascale Boistard, Aurélie Filippetti, François Lamy. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a reconnu " le recul sans précédent ". Son successeur à Matignon Bernard Cazeneuve a appelé à 'rebâtir la gauche de gouvernement'.

Le risque d'éclatement plane aussi sur la famille LR-UDI entre ceux qui sont prêts à travailler avec Emmanuel Macron et ceux qui voudront en rester à l'opposition frontale sur des bancs de droite réduits de moitié par rapport à la dernière législature.

Le Premier ministre Édouard Philippe, qui espère une solide majorité pour appuyer son gouvernement, est pourtant resté prudent jusqu'au dernier jour de campagne: "Ce n'est jamais acquis", a-t-il dit vendredi 9 juin. Le chef de file de la droite à ces législatives, François Baroin, a appelé à la mobilisation pour éviter des "pouvoirs concentrés" dans "un seul et même parti".

Le parti de M. Macron, La République en marche (LREM), et ses alliés centristes du MoDem devancent largement la droite (21,56%) et le Front national (extrême droite, 13,20%), selon les résultats définitifs du ministère de l'Intérieur publiés lundi à 01h30 (dimanche 23h30 GMT).

Pour le FN, c'est "une déception", a reconnu son vice-président Florian Philippot: la barre des quinze députés pour former un groupe avait longtemps constitué un objectif minimal.

Mme Le Pen, en tête avec 46% des voix dans le Pas-de-Calais, a centré sa riposte sur le "taux d'abstention catastrophique" qui "pose la question du mode de scrutin" majoritaire. Divisés, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et le PCF pourraient espérer entre 10 et 23 fauteuils. Mais 'la division des forces de gauche se paie très cher', regrette le dirigeant communiste Pierre Laurent, critiquant le refus d'alliance de M. Mélenchon, qui avait réuni plus de 19% des voix au 1er tour de la présidentielle. "Le triomphe du parti au pouvoir au premier tour des élections législatives, malgré un taux record d'abstention, est présenté dans des médias comme une victoire largement méritée pour cette France "fatiguée", tandis que le même résultat en Russie en 2016 a été qualifié de "dictature en forme de démocratie", écrit un journal russe".

En voix, la REM arrive nettement en tête (32,0 - 32,9 %), devant LR-UDI (20,9 - 21,5 %) et le FN (13,1 - 14 %), selon les estimations. Elle sera suivie du parti Les Républicains et ses alliés avec 80 à 100 sièges et du Parti socialiste et ses alliés (30 à 40 sièges). Les projections donnent au parti du président Macron au moins 400 députés sur 577 dans la prochaine Assemblée.

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