Les acteurs du coup de théâtre qui pourrait tout changer — Affaire Grégory

"Les deux mis en examen ont nié en l'état tout participation aux faits qui leur sont reprochés", a-t-il ajouté, précisant que les deux époux avaient été placés en incarcération provisoire dans deux établissements séparés "dans le souci d'empêcher une concertation frauduleuse et toute forme de pression entre les divers protagonistes".

Le procureur général Jean-Jacques Bosc organise une conférence de presse à 14H00 GMT vendredi sur cette affaire qui reste l'une des plus grandes énigmes criminelles françaises. "Les conclusions de l'expert pour les trois lettres impliquent Jacqueline Jacob".

Le cadavre du petit Grégory Villemin avait été retrouvé le soir du 16 octobre 1984, pieds et poings liés dans les eaux froides de la Vologne, dans les Vosges (nord-est).

Il s'avère que la localisation des auteurs de ces nombreux appels anonymes antérieurs au crime n'a jamais été contredite par un alibi de leur part. "Marcel Jacob dissimule, contre toute évidence, ses antagonismes évidents avec les parents de Grégory. Ce qui rend ses déclarations peu crédibles". Lors de la perquisition de leur domicile, le mercredi 14 juin, des documents ont été saisis, dont un testament rédigé par Marcel Jacob, dans lequel il déclare ne pas avoir tué le petit Grégory. Cette information n'a pas été confirmée par le procureur. L'avocat de Marcel Jacob a jugé, à la sortie de la conférence de presse, "criminel de jeter en pâture le nom d'un couple ". Pour Gary Lagardette, "il n'y a aucune certitude" dans cette affaire. Une mise en examen doit porter sur des indices graves et concordants. Il décrit un homme effrayé par la mort et si respectueux de la loi que "si on lui dit de rouler à 50, il roule à 40". Jacqueline Jacob, son épouse, a elle été mise en examen pour enlèvement, séquestration suivie de mort. Le parquet avait requis sa mise en examen pour "séquestration suivie de mort". "Je lui ai conseillé de garder le silence pour éviter tout dérapage". Ils avaient été placés mercredi en garde à vue, ainsi qu'une belle-soeur du père, Ginette Villemin, remise en liberté jeudi en fin d'après-midi.

Acte 5 - Le 16 décembre 1993, le père du petit Grégory, Jean-Marie Villemin, est condamné à cinq ans de prison, dont un avec sursis, pour le meurtre de Bernard Laroche, l'oncle de l'enfant assassiné. Et c'est le "clan Laroche" qui se retrouve de nouveau au centre de l'enquête, relancée par l'analyse graphologique des lettres de menaces et autres courriers anonymes qui foisonnent dans le dossier, à défaut d'analyses ADN probantes.

De nouvelles expertises d'une lettre anonyme de menaces adressée en 1983 au père du petit Grégory orientent les soupçons du meurtre sur Jacqueline Jacob. Le juge Lambert se fonde alors sur une nouvelle étude graphologique qui la désigne comme l'auteure de la lettre de revendication postée le jour du meurtre, mais aussi sur le témoignage de trois de ses collègues de travail qui affirment l'avoir vu poster une lettre à l'heure où avait été postée la lettre de revendication, ainsi que sur l'analyse de cordelettes qui ont servi à attacher l'enfant.

Si les expertises n'ont pas permis d'en identifier l'auteur, "on peut cependant observer une similitude importante des termes" utilisés dans ce document avec la lettre de 1983, a relevé le procureur général.

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