Marcel et Jacqueline Jacob déférés devant le parquet de Dijon — Affaire Grégory

Première défaite de l'année pour la

Première défaite de l'année pour la"Team Yavbou

Harcelée par un corbeau à partir de 1981 jusqu'à la mort de Grégory en 1984, la famille Villemin s'est peu à peu déchirée sur fond de rancoeurs et de jalousies. Dans ce cluedo familial, chacun s'est accusé d'être le maître-chanteur.et d'être lié au meurtre.

L'avocat de Marcel Jacob, mis en examen avec son épouse Jacqueline pour l'enlèvement du petit Grégory, suivi de sa mort il y a 32 ans, a jugé vendredi "criminel de jeter en pâture le nom d'un couple". "Tu n'es qu'un rampant qui n'a pas de poils sur la poitrine", lance cet oncle envieux, qui vit sur les hauteurs d'Aumontzey (Vosges) dans une maison surplombant celle de sa soeur Monique.

L'autre particularité de Marcel Jacob est sa proximité et sa ressemblance avec un autre acteur du dossier. "Je ne comprends pas", a réagi l'avocat de Marcel Jacob, Me Stéphane Giuranna.

La mise en examen de Marcel et Jacqueline Jacob a été relancée par l'analyse graphologique des lettres de menaces et autres courriers anonymes. Mais il n'avait encore jamais été inquiété par la justice.

Jamais interrogée durant les cinq premières années denquête sur lassassinat de Grégory, elle avait été convoquée une première fois en décembre 1989 par le juge dinstruction, mais sétait dérobée.

Une demande de placement en détention provisoire pour quatre jours, comme le prévoit la procédure menée devant la chambre de l'instruction, a également été requise à l'encontre de Marcel Jacob, selon l'avocat.

Portrait du petit Grégory Villemin, 4 ans, dont le corps est découvert dans la Vologne le 16 octobre 1984. "L'éventualité d'une absence momentanée de leur lieu de travail ne saurait être exclue", avaient considéré les enquêteurs de l'époque. Je pense qu'il y a un piège et qu'ils vont nous sortir de nouveaux éléments lundi. Tous trois ont été placés en garde à vue pour complicité d'assassinat, non-dénonciation de crime, non-assistance à personne en danger et abstention volontaire d'empêcher un crime. Elle a longtemps été soupçonnée d'être le corbeau avec son mari Michel, un frère de Jean-Marie mort en 2010. Dans les lettres reçues par les Villemin, le père était surnommé "Le Chef", signe de la supériorité présumé du père de famille. Dans leur tâche, les Jacob auraient été aidés par Bernard Laroche. Jusqu'à tuer le petit Grégory? L'incertitude planait sur son emploi du temps au moment du meurtre. "Elle a toujours affirmé qu'il n'en était rien", notaient les magistrats dans leur arrêt de 1993.

Aujourd'hui accusée d'avoir joué les corbeaux, cette octogénaire apparaît comme la maîtresse-femme de la famille Villemin.

Si la réussite de son fils Jean-Marie lui inspire une admiration sans borne, ses sentiments à lendroit de sa belle-fille Christine sont contrastés: lorsque la mère de Grégory est soupçonnée dêtre lassassin de son propre fils, Monique Villemin se constitue partie civile et soutient laccusation.

11h30: A ses débuts, l'enquête a d'abord soupçonné Bernard Laroche, finalement remis en liberté le 4 février 1985 mais convaincu de sa culpabilité, Jean-Marie Villemin l'a tué d'un coup de fusil de chasse.

L'affront lui vaut une rupture durable avec son fils et sa bru.

Une belle-sœur du père de Grégory, Ginette Villemin, avait aussi été placée en garde à vue mercredi avant d'être remise en liberté le lendemain.

Il est tout de même inculpé dassassinat, accablé par des expertises graphologiques et les contours dun mobile construit sur la jalousie à légard de Jean-Marie, dont il ne supporte pas les succès professionnels et privés.

"En définitive, à l'issue de l'instruction, il existe contre Bernard Laroche des charges très sérieuses d'avoir enlevé Grégory; en revanche (...), il est impossible d'affirmer que Grégory a été tué par Bernard Laroche", concluent les magistrats en 1993.

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