Mort du petit Grégory: sa grand-tante mise en examen pour séquestration

Le procureur général de Dijon Jean Jacques Bosc le 16 juin 2017- AFP PHILIPPE DESMAZES

Le procureur général de Dijon Jean Jacques Bosc le 16 juin 2017- AFP PHILIPPE DESMAZES

Le 16 octobre 1984, lorsque les gendarmes ont repêché la dépouille de Grégory Villemin, 4 ans, dans la Vologne, une rivière vosgienne, entravé aux poignets et aux chevilles, son bonnet rabattu sur les yeux, ils ignoraient encore qu'un " corbeau " avait déjà annoncé sa mort par un appel téléphonique à son oncle paternel, Michel.

Ils avaient été placés en garde à vue mercredi, après leur interpellation dans les Vosges (nord-est).

Pour l'avocat de Jacqueline Jacob, Me Gary Lagardette, qui conteste lui aussi la mise en examen de sa cliente, "aucun élément nouveau n'a été présenté" et "la conférence du procureur général a été particulièrement floue". Monique Villemin, grand-mère de l'enfant entendue mercredi comme témoin dans les Vosges, aurait quant à elle écrit une lettre de menaces envoyée au juge d'instruction chargé de l'affaire en 1989. Le couple n'avait toutefois jamais été inquiété judiciairement.

Stéphane Giuranna, l'avocat de Marcel Jacob, devant le tribunal de Dijon, vendredi.

Selon une source proche du dossier, Jacqueline Jacob est restée mutique en garde à vue et son mari s'est contenté d'affirmer qu'il ne se rappelait de rien face aux gendarmes, qui tentent de démêler les haines qui déchiraient la famille. Des expertises graphologiques sont au cœur de l'enquête, à défaut d'analyses ADN probantes, le dossier étant riche en lettres de menaces et autres courriers anonymes.

Le procureur général a avancé le nom de Jacqueline Jacob pour une lettre de menaces, anonyme et manuscrite, envoyée en 1983 au père de Grégory.

Les enquêteurs s'étaient aussi penchés à de nombreuses reprises, dans le passé, sur un mystérieux "corbeau" ayant revendiqué le meurtre de l'enfant, en invoquant une "vengeance" dans une lettre postée apparemment avant la découverte du corps, en 1984.

Le logiciel d'analyse criminelle Anacrim, conçu et utilisé par la gendarmerie et fréquemment utilisé pour résoudre les "cold cases", a permis d'avoir "un regard neuf sur la procédure" en reconstituant la chronologie avant et après le crime et en pointant des incohérences "qui avaient jusque-là échappé aux enquêteurs".

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