Où sont les preuves — Affaire Grégory

Dans ce cluedo familial, chacun s'est accusé d'être le maître-chanteur.et d'être lié au meurtre.

Marcel et Jacqueline Jacob, mis en examen vendredi pour séquestration suivie de mort dans l'affaire Grégory, nient toute implication, a annoncé le procureur général de Dijon, pour qui ceux ont participé à l'enlèvement "sont les auteurs du crime". "Tu n'es qu'un rampant qui n'a pas de poils sur la poitrine", lance cet oncle envieux, qui vit sur les hauteurs d'Aumontzey (Vosges) dans une maison surplombant celle de sa sœur Monique. Ouvrier à l'usine, Marcel Jacob a un temps été soupçonné par les enquêteurs d'avoir été le corbeau revendiquant le meurtre du petit garçon. Jacob, 71 ans, a été placé en détention provisoire.

Mieux: oncle et neveu cultivent une ressemblance physique, moustache et favoris, suscitant parfois la confusion.

Y-a-t-il un lien entre le ou les " corbeaux " et le crime? Le couple n'avait toutefois jamais été inquiété judiciairement. Deux ans plus tard, le couple Villemin perçoit 35 000 euros d'indemnités de l'Etat pour faute lourde. Comme il l'avait déjà révélé la veille, les expertises en écriture indiquent ces trois lettres auraient été rédigées de la main de Jacqueline Jacob. La justice est selon lui "en train de jeter en pâture un couple comme elle avait jeté en pâture à l'époque Monsieur Laroche et ça continue et ça recommence 33 ans après", déplore l'avocat du suspect dans l'affaire du petit Grégory, qui connaît cette semaine de nouveaux rebondissements. Les intéressés ainsi qu'une belle-soeur du père de Grégory, Ginette Villemin, ont été interpellés mercredi et placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de l'enfant. "Christine et Jean-Marie Villemin sont satisfaits de cette avancée dans l'enquête car c'est eux qui l'avaient demandé", a expliqué Me Chastant-Morand. Le lendemain de l'inculpation, le nom de Bernard Laroche est dans tous les médias.

Les confidents avaient passé ensemble l'après-midi du 16 octobre 1984, au domicile de Michel. "Mais j'ai jamais rien voulu dire". Tout comme son épouse Jacqueline, 72 ans.

Elle s'emploie en outre à défendre la mémoire de Bernard Laroche, tué par son fils Jean-Marie en 1985 car il le croit coupable de la mort de Grégory, en se disant convaincue de son innocence.

L'affaire n'en est pas à son premier rebondissement: en juillet 1985, le juge Jean-Michel Lambert avait opéré un revirement en portant ses soupçons vers la mère de Grégory, Christine Villemin, finalement innocentée en 1993 au terme d'un non-lieu retentissant.

Il est tout de même inculpé d'assassinat, accablé par des expertises graphologiques et les contours d'un mobile construit sur la jalousie à l'égard de Jean-Marie, dont il ne supporte pas les succès professionnels et privés. Le petit Grégory était seulement âgé de 4 ans.

Ce n'est pas la première fois depuis le classement de l'affaire, que l'enquête est relancée. La cour d'appel le condamne à verser 63 000 euros à Marie-Ange Laroche et Murielle Bolle en réparation d'une "inaptitude à remplir sa mission".

Dernières nouvelles