Plusieurs membres du cercle familial seraient impliqués — Affaire Grégory

Les "antagonismes", comme le dit Jean-Jacques Bosc, minaient la famille Villemin, parasitée par l'envie et les jalousies, dans un milieu ouvrier de l'Est de la France. Dès lors, le couple est harcelé de coups de fil anonymes, parfois silencieux, parfois non, émanant de deux personnes, un homme et une femme, qui ne seront jamais identifiés. "Les conclusions de l'expert pour les trois lettres impliquent Jacqueline Jacob". Deux membres de la famille Villemin Marcel et Jacqueline Jacob, le grand-oncle et la grand-tante du petit Grégory, ont été déférés au parquet général de Dijon à l'issue de leur garde à vue vendredi matin. "Voilà ma vengeance, pauvre con", disait la missive. Les enquêteurs pensent avoir identifié les fameux "corbeaux" et qu'ils ont joué un rôle dans la mort de l'enfant, compte-tenu de leur degré de connaissances des faits et de l'absence d'alibis le jour du drame.

'Jean-Marie Villemin a été médusé d'entendre le nom de sa propre mère', a rapporté l'avocate du couple Villemin, Marie-Christine Chastant-Morand, jeudi sur BFMTV, ajoutant que c'était un élément 'douloureux' pour lui. En 1982, il apostrophe son neveu alors tout juste promu contremaître: "Je ne serre pas la main à un chef. Tu nes quun rampant qui na pas de poils sur la poitrine", lance cet oncle envieux, qui vit sur les hauteurs dAumontzey (Vosges) dans une maison surplombant celle de sa sur Monique.

Outre la grand-mère paternelle de l'enfant, c'est désormais les époux Jacob, grande tante et grand-oncle de l'enfant qui sont au cœur des nouveaux rebondissements de l'enquête des gendarmes. Marcel et Jacqueline Jacob ont tous les deux été écroués. Pour autant, il sera mis hors de cause.

Si Jacqueline Jacob, 72 ans, a fait valoir "son droit au silence" en garde à vue, son époux, 71 ans, s'est quant à lui, retranché derrière l'amnésie. La grand-mère aussi était entendue par la police, en audition libre. Pourtant, l'épouse de Marcel Jacob avait été désignée par deux expertises graphologiques comme pouvant avoir écrit une des lettres du corbeau.

Son emploi du temps du mardi 16 octobre 1984, jour de la découverte du corps de lenfant dans les eaux de la Vologne, ainsi que celui de son mari, na jamais pu être reconstitué avec certitude.

Marcel Jacob et Michel Villemin étaient très liés à Bernard Laroche, premier suspect dans l'affaire, libéré puis tué en 1985 par Jean-Marie Villemin, son cousin.

Les confidents avaient passé ensemble laprès-midi du 16 octobre 1984, au domicile de Michel. On parle alors d'un "corbeau", qui serait responsable du meurtre. La dernière fois remonte à 2008, lorsque "le procureur général du tribunal de grande instance de Bordeaux avait, à la demande des parents de Grégory, accepté de faire de nouvelles analyses ADN, notamment sur le pantalon de l'enfant", explique Dominique Rizet, spécialiste police-justice de BFMtv.

" Monique Villemin a été soupçonnée par beaucoup de ses proches de détenir la clé de l'énigme". Entre temps, les médias se sont emparés de l'affaire et désignent Bernard Laroche comme le coupable, sans tenir compte de la présomption d'innocence.

Affaire Grégory: que sont devenus ses parents? L'affront lui vaut une rupture durable avec son fils et sa bru. Dans leur tâche, les Jacob auraient été aidés par Bernard Laroche. Lors d'une conférence de presse, vendredi, il évoque l'analyse graphologique des lettres envoyées aux Villemin par le corbeau "qui permet d'impliquer M Thuriot" mais aussi les progrès réalisés par le logiciel d'analyse criminelle Anacrim.

C'était il y a un peu plus de 32 ans.

Elle avait 15 ans au moment des faits, et c'est à partir de ses premières déclarations que Bernard Laroche va être inculpé.

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