James Comey incrimine Trump devant le congrès

Chronologie de l'enquête sur la possible ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016 jusqu'au limogeage du chef du FBI James Comey

Audition de l'ex-chef du FBI Comey : aussi attendu que le Super Bowl

L'ancien directeur du FBI James Comey a commencé jeudi à livrer un témoignage exceptionnel au Sénat sur le président des Etats-Unis Donald Trump, qui l'a limogé le mois dernier après l'avoir pressé pendant des mois dans l'enquête sur la Russie.

James Comey, 56 ans, a blâmé le président pour lui avoir intimé d'abandonner un volet de l'enquête russe sur un proche, Michael Flynn.

"Cette audition est accablante pour l'administration Trump", analyse Gallagher Fenwick, correspondant de France 24 à Washington.

James Comey s'est dit que ces notes après chaque réunion en tête-à-tête avec Donald Trump pourraient lui servir un jour pour se défendre et défendre l'intégrité du FBI en tant qu'institution, a-t-il déclaré lors de son audition. "Si c'était sa méthode en tant que directeur du FBI, alors il méritait totalement d'être limogé, et s'il faisait fuiter régulièrement, il doit être poursuivi", a lancé vendredi son ex-directeur de campagne, Corey Lewandowski, sur NBC.

L'entrave à la justice est un délit majeur qui a conduit au lancement par le Congrès de procédures de destitution contre Richard Nixon et Bill Clinton.

Il a refusé d'émettre un avis juridique, s'en remettant au procureur spécial Robert Mueller, qui a repris l'enquête sur la Russie.

Il a immédiatement plongé au coeur de la controverse politique suscitée par son congédiement, notamment quant à savoir si M. Trump a interféré avec l'enquête du FBI sur une possible ingérence de la Russie. Donald Trump lui aurait parlé de l'enquête sur Michael Flynn, son ex-conseiller à la sécurité nationale.

"Mon bon sens me disait qu'il voulait quelque chose en échange de m'accorder ma demande de rester à mon poste", a-t-il dit, alors que son mandat courait jusqu'en 2023. Mais il a tout de même interprété les paroles du président " comme une instruction ".

Répondant d'une voix posée, parfois avec humour, aux questions précises des sénateurs, il a jugé que les actions du dirigeant américain étaient "très dérangeantes", ne mâchant pas ses mots.

"Ce sont des mensonges purs et simples", a-t-il dit des propos tenus à l'époque, par l'administration et le président lui-même, sur le mauvais état supposé de la police fédérale à son départ. Pour la première fois, elle s'est "recentrée sur l'intérieur de la Maison-Blanche et sur la conduite du président", analyse le quotidien. C'est un homme bien', aurait dit le président à M. Comey en tête à tête le 14 février dans le Bureau ovale. 'Oui, car j'ai vu le président le dire lui-même', a répondu James Comey, se référant à un tweet de M. Trump. Certes, "espérer" n'est pas un crime, a convenu James Comey, interrogé par un sénateur républicain.

Plus tard, dans une révélation estomaquante, M. Comey a avoué avoir cherché à favoriser la nomination d'un procureur spécial, après son congédiement, en laissant couler à la presse une de ses notes concernant M. Trump.

Un peu plus tôt, Donald Trump avait indiqué que le témoignage de l'ex-directeur du FBI constituait une " confirmation totale et complète " de sa version des faits. Pourquoi n'a-t-il pas démissionné?

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