Macron se prépare l'Assemblée la plus mal élue de la Ve République

Le parti du président Emmanuel Macron se dirige vers une victoire écrasante aux législatives après le premier tour dimanche 11 juin, marqué par une débâcle historique du PS, un net revers pour la droite et le FN et une abstention record, environ un électeur sur deux ayant boudé les urnes. C'est ce phénomène de raz-de-marée qui est absolument inconnu sous la Ve République, de par son ampleur, avec peut-être jusqu'à 455 députés LREM dimanche prochain.

Son parti centriste, La République en marche (LREM), arrivait largement en tête du premier tour avec 32,2 à 32,9% des voix, devant Les Républicains (droite, 20,9 à 21,5%) et le Front National (extrême droite), largement distancé (13,1 à 14%), selon les estimations à 20H00 (18H00 GMT) des instituts de sondage.

Le Premier ministre Edouard Philippe a estimé que les Français avaient confirmé leur "attachement dans le projet de renouvellement, de rassemblement et de conquête" de M. Macron.

"Notre électorat manifestement, lui, s'est déplacé", a rétorqué le porte-parole de la REM Benjamin Griveaux, tandis que son homologue du gouvernement Christophe Castaner a vu dans cette abstention "l'échec" de cette élection. Se gardant de triomphalisme, l'Elysée ne fera pas non plus "de commentaire".

A gauche, le Parti socialiste du président sortant François Hollande, qui contrôlait la moitié de l'Assemblée sortante, s'effondrerait autour de 15 à 40 sièges. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis a également été éliminé dès le premier tour. Le candidat du PS à la présidentielle Benoît Hamon a lui aussi été éliminé dès le premier tour, tout comme les anciennes ministres écologistes Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse. En revanche, ballottage favorable pour Manuel Valls, Marisol Touraine et Stéphane Le Foll qui n'avaient aucun candidat REM face à eux. Son successeur à Matignon Bernard Cazeneuve a appelé à 'rebâtir la gauche de gouvernement'.

La droite, qui espérait en début de campagne priver le nouveau président Macron de majorité, terminerait avec 80 à 132 élus LR et UDI. L'UMP obtient 39,5% des voix, et la majorité présidentielle 45,6% avec le Nouveau centre et le MPF.

Chef de la campagne de la droite aux législatives, François Baroin a appelé à la mobilisation pour éviter des "pouvoirs concentrés" dans "un seul et même parti".

Pour ce parti anti-immigration europhobe, c'est "une déception", a reconnu son vice-président Florian Philippot.

Résultat: le parti présidentiel La République En Marche est arrivé en tête, mais le taux d'abstention a dépassé les 50%.

La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, obtiendrait, elle, 10 à 23 fauteuils, PCF inclus. Mais 'la division des forces de gauche se paie très cher', regrette le dirigeant communiste Pierre Laurent, critiquant le refus d'alliance de M. Mélenchon, qui avait réuni plus de 19% des voix au 1er tour de la présidentielle.

Parmi les 530 candidats investis par La République en Marche, un grand nombre sont des citoyens jamais élus et originaires d'horizons variés: torera, mathématicien, pilote de chasse, etc. Pour la première fois depuis près de 60 ans, l'abstention dépasserait la barre des 50% au premier tour des législatives. Le précédent record, qui date du premier tour des législatives en 2012, était de 42,78%.

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