Jeremy Corbyn : " Les électeurs ont dit qu'ils en avaient assez de l'austérité "

Élections en Grande-Bretagne : Theresa May perd sa majorité absolue, selon les premières projections

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Les conservateurs sont en tête du scrutin mais ont perdu une douzaine de sièges, tandis que l'opposition travailliste en a gagné une trentaine, selon ces résultats quasi-définitifs.

Les législatives ont produit l'inverse de ce que la Première ministre avait souhaité: au lieu de gagner des sièges, son parti a reculé et perdu sa majorité. Les Conservateurs vont sans doute hésiter à remplacer May par un Boris Johnson ou un David Davis, personnalités abrasives et clivantes, à seulement dix jours du début des négociations sur le Brexit à Bruxelles.

Un tel soutien lui donne une très courte majorité absolue, alors qu'elle avait convoquée ces législatives anticipées afin d'obtenir une majorité renforcée pour négocier la sortie de l'Union européenne avec les 27 à partir du 19 juin. Même ses adversaires les plus acharnés - qui se préparaient déjà à tenter de le démettre pour la deuxième fois en deux ans - ont fini, au cours de la nuit, par lui reconnaître la qualité de leader incontesté: il faut dire qu'avec lui, le Labour porte son score à 40% (+10% par rapport à 2015 et +11% par rapport à 2010) et vient de remporter entre 30 et 35 sièges supplémentaires, portant le total autour de 260-265 députés.

"Dans la nuit de jeudi à vendredi, le chef du Parti travailliste a appelé Theresa May à démissionner". "C'est assez pour qu'elle parte et laisse la place à un gouvernement vraiment représentatif ", a déclaré le vétéran barbu de 68 ans.

Au sein même des Tories, l'ancienne ministre Anna Soubry a estimé que la Première ministre devait envisager une démission.

"Theresa May, reconduite à Maidenhead (dans l'ouest), s'est contentée d'affirmer que " quels que soient les résultats", son parti " assurerait la stabilité " dont le pays a besoin.

Ce résultat a aussitôt provoqué une chute de la livre sterling à New York. Ayant ainsi perdu sa principale raison d'être après le Brexit, il a vu le départ de son chef charismatique Nigel Farage et s'est perdu dans des querelles et psychodrames internes. La première ministre a annoncé qu'elle allait s'allier aux unionistes irlandais pour former un gouvernement minoritaire, après avoir rencontré la reine au palais de Buckingham.

Dans les deux cas, les négociations pourraient durer jusqu'à plusieurs semaines. Leur numéro 2, Angus Robertson, ainsi que leur ancien leader, Alex Salmond, sont battus.

Les Libéraux-Démocrates, seul parti résolument europhile, gagne quatre sièges, soit maintenant 12 mandats. Si celui-ci a affirmé que sa campagne électorale "positive" avait "changé la politique, pour le meilleur", en revanche, son habileté, elle, était défaillante jeudi soir. De son côté, le parti europhobe Ukip s'est effondré en perdant son unique siège.

"Il semble qu'il va y avoir de l'instabilité et qu'il sera plus difficile pour le gouvernement britannique de négocier le Brexit avec une position ferme", relève Tony Travers, de la London School of Economics (LSE).

D'après la dernière projection réalisée par la BBC, les Tories de Theresa May obtiendraient 318 sièges à la Chambre des communes, huit de moins que la majorité absolue.

"Déçue", la Première ministre d'Ecosse Nicola Sturgeon a reconnu que la perspective d'un nouveau référendum d'indépendance de l'Ecosse, qu'elle appelait de ses voeux, avait pu handicaper son parti.

" On ne veut pas que ces attaques influent sur ce qu'on pense", assurait Javed, 23 ans, dans un bureau de vote de Barking à l'est de Londres, d'où provenaient des auteurs de l'attentat de samedi".

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