La livre Sterling dévisse, mais les marchés résistent — Elections britanniques

Élections en Grande-Bretagne : Theresa May perd sa majorité absolue, selon les premières projections

Bourse de Londres : Le sterling chute après le vote UK, réaction limitée sur les Bourses

Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, a affirmé vendredi que Bruxelles attendrait que le Royaume-Uni soit "prêt" avant de débuter les négociations, les élections législatives ayant vu les conservateurs de Theresa May perdre leur majorité absolue au Parlement. Un an après le vote favorable au divorce avec l'Union européenne (51,9 %), le camouflet infligé personnellement à M May peut se lire aussi comme un refus du " hard Brexit " (sortie du marché unique et rejet des juridictions européennes) dont elle se veut la championne, et que conteste le Labour au nom de la défense de l'emploi.

Theresa May, qui disposait d'une majorité de 17 sièges dans le Parlement sortant, espérait avoir les coudées franches pour négocier un " Brexit dur " avec les 27 à partir du 19 juin.

À l'époque, selon la presse dominante, alimentée par les conservateurs et, bien souvent, par les hiérarques blairistes qui n'ont jamais accepté de voir une figure de l'aile gauche prendre la tête du Labour, elle devait ne faire qu'une bouchée du leader travailliste: dans les sondages, la gauche culminait à 24%, quand les tories flirtaient, eux, avec les 50%, et, selon l'humeur de ses détracteurs, Corbyn était présenté tantôt comme un doux rêveur végétarien pacifiste de l'ultra-gauche intello londonienne, coupé de la classe ouvrière, tantôt comme un danger public, adepte de Marx, tueur de l'économie et complice de tous les terroristes de la planète.

La livre sterling, a immédiatement chuté à l'annonce des projections à 21H00 GMT, tant face à l'euro que face au dollar, et restait vendredi sous pression. Dans les deux cas, les négociations pourraient retarder le calendrier du Brexit.

Mike Finn, de l'université de Warwick, estime, lui, que le Royaume-Uni s'expose "à une période de coalition ou à de nouvelles élections". À Paris, le Premier ministre Edouard Philippe a jugé que ces résultats étaient "une forme de surprise" mais qu'ils ne remettaient pas "en cause" le Brexit.

Pour ce qui est des autres formations politiques, les nationalistes anti-austérité écossais du SNP, en situation de quasi monopole (ils avaient 56 sièges en 2015) perdent pas mal de plumes avec 35 parlementaires dans la future assemblée, mais restent la première formation en Ecosse.

Triomphe en revanche pour le leader du parti travailliste Jeremy Corbyn, ex-militant syndicaliste de 68 ans, qui parvient à déstabiliser un parti conservateur annoncé largement gagnant il y a encore quelques semaines. Mais le parti unioniste "préfère éviter le scénario du + pas d'accord vaut mieux qu'un mauvais accord +", évoqué par la dirigeante, explique Stephen Booth, politologue du cercle de réflexion Open Europe.

Le problème pour Theresa May est double. "Elle est cuite", assure pour sa part le tabloïd The Sun.

Pour le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, le scrutin signe un désaveu pour Mme May et sa position pour un Brexit "dur".

Scrutin après scrutin, les conservateurs britanniques paraissent piégés par leur manque de flair. "Je connais des tas de gens qui n'ont pas voté l'an dernier (sur le Brexit, ndlr), mais ils ont réalisé qu'on pourrait foirer s'ils n'y allaient pas cette fois".

La question de la sortie de l'UE a cependant été à l'esprit de nombreux électeurs au moment de glisser le bulletin dans l'urne.

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