Macron aura une majorité moins forte que prévu — Législatives

Emmanuel Macron le 8 juin 2017 à Paris

Emmanuel Macron le 8 juin 2017 à Paris

Tous les ministres du gouvernement d'Edouard Philippe sauvent quant à eux leur tête, même Annick Girardin (Outre-mer) qui est réélue avec 136 voix d'avance sur son adversaire à Saint-Pierre et Miquelon. Le parti d'Emmanuel Macron décroche ainsi 355 sièges à l'Assemblée nationale. Ce dimanche soir, nous connaîtrons le nom des dix députés qui auront la charge de représenter le département pendant les cinq prochaines années.

Dans la Somme, le journaliste et réalisateur de Merci Patron est élu député face au candidat de La République en Marche, Nicolas Dumont. Il pourrait d'ailleurs être l'unique rescapé parmi les sortants qui avaient fait le choix de se présenter à leur succession.

Vague ou raz-de-marée? Seule l'ampleur de la victoire du parti présidentiel la République en Marche (REM) fait encore question. Mais avec le taux d'abstention record révélé au premier tour, il y'a de fortes chances que l'hégémonie parlementaire d'En Marche devienne une réalité, à moins que les français "mécontents" décident d'aller voter.

Incertitude également sur le niveau de l'abstention, qui selon les dernières enquêtes pourrait atteindre 53% à 54%, après les 51,3% enregistrés au premier tour.

Le parti d'extrême-droite a notamment annoncé l'élection de sa présidente Marine Le Pen. Sa victoire est toutefois moins écrasante qu'annoncée par certains sondages, et marquée par une abstention qui atteint de nouveaux sommets. D'après le sondage, 76% des partisans de la candidate du FN au premier tour de l'élection présidentielle ont marqué leur insatisfaction aux résultats du premier tour des législatives 2017, contre 71% chez Benoît Hamon et 67% chez Jean-Luc Mélenchon.

Sans surprise, les aspirants-députés estampillés République en Marche! ont transformé l'essai de dimanche dernier et seront entre 395 à 425 - sur 577 sièges-, selon les premières estimations, à s'installer dans les travées de l'Assemblée nationale, ne laissant que des miettes à " l'opposition " même si la droite républicaine est parvenu à sauver les meubles grâce à le remobilisation de son électorat. Le résultat est pourtant bien plus faible que projeté lors du premier tour où le parti d'Emmanuel Macron pouvait espérer entre 397 et 470 sièges. Un enjeu crucial donc, pour ce deuxième tour.

"Allez voter!", a lancé jeudi aux électeurs le Premier ministre Edouard Philippe.

Le scrutin se déroule une nouvelle fois sous haute surveillance, 50'000 policiers et gendarmes, auxquels s'ajoutent les 7000 militaires de l'opération 'Sentinelle', étant mobilisés pour assurer la sécurité des 67'000 bureaux de vote.

Sur l'île antillaise de la Guadeloupe, où le vote s'est tenu dès samedi en raison du décalage horaire, la participation était en légère hausse par rapport au 11 juin.

Si ces chiffres se confirment, la vague en faveur des candidats d'Emmanuel Macron sera moins puissante que ne le laissaient présager cette semaine les projections, qui anticipaient une majorité allant jusqu'à plus de 450 députés.

Trois grands textes devraient être inscrits à l'ordre du jour de la session parlementaire qui pourrait se prolonger jusqu'à début août: le texte déjà controversé renforçant la lutte contre le terrorisme, ceux sur la moralisation de la vie politique présenté par François Bayrou et les lois d'habilitation à légiférer par ordonnances sur le Code du travail.

A gauche, l'alliance PS-PRG-DVG a recueilli 9,51% des voix et le PS, qui avait envoyé près de 300 députés au Palais Bourbon en 2012, ne pourra sans doute compter que sur quelques dizaines d'élus.

L'extrême droite représentée par le Front national (FN) aurait obtenu entre quatre et huit députés. Le parti radical de gauche (et divers gauche), favorable au gouvernement, est crédité de 13 sièges.

Les groupes éliront leur président et le successeur au perchoir du socialiste Claude Bartolone sera élu le 27 juin.

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