Macron obtiendrait une majorité absolue — Élections législatives françaises

Législatives vers une majorité écrasante pour La République en Marche

Législatives: projection en sièges AFP- Thomas SAINT-CRICQ

Eliminé dès le premier tour du scrutin législatif, Jean-Christophe Cambadélis, le Premier secrétaire du Parti socialiste, a vite tiré dimanche les conséquences du recul de cette formation politique, en annonçant qu'il en quitte la direction. Ceux de l'outremer - Guadeloupe, Guyane, Martinique, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin et Saint-Barthélémy - votent dès ce samedi, avant la métropole dimanche.

La République en Marche! d'Emmanuel Macron et ses alliés ont remporté 350 sur 577 sièges à l'Assemblée nationale, signalent les données définitives fournies par le ministère de l'Intérieur. Loin derrière, les deux familles politiques, droite et gauche, qui structurent la vie politique française depuis des décennies, devraient enregistrer de sérieux revers, avec l'effondrement du Parti socialiste et Les Républicains en grande difficulté.

"On a tiré contre tout ce qui représentait un système antérieur et on essaye autre chose", résume le constitutionnaliste Didier Maus. Pour lui, le scrutin devrait déboucher sur "le plus grand renouvellement du personnel politique depuis 1958 et peut-être 1945".

Deuxième force à l'Assemblée nationale, Les Républicains (LR) et l'UDI obtiennent quant à eux entre 97 et 130 sièges. Quatre députés ont été élus dès le premier tour. Soit l'une des majorités les plus imposantes de la Ve République.

Vague ou raz-de-marée? Seule l'ampleur de la victoire du parti présidentiel la République en Marche (REM) fait encore question. "Il peut y avoir un correctif entre les deux tours, que les électeurs se disent qu'une fois que la majorité semble acquise pour Emmanuel Macron, ce n'est pas la peine d'en faire trop", tempère Emmanuel Rivière de Kantar Sofres.

Selon un sondage Elabe diffusé jeudi, six Français sur dix (61 %) souhaitent que le second tour "rectifie le premier avec une majorité moins importante qu'attendue".

Un nouveau bond de l'abstention?

Législatives: qui affronte qui au second tour?

Elle pourrait grimper jusqu'à 53% à 54% dimanche, selon les dernières enquêtes, soit une dizaine de points de plus qu'en 2012 (44,6% au second tour).

Le grand chamboulement est assuré, avec parmi les nouveaux députés de très nombreux novices en politique, puisque environ la moitié des candidats REM, issus de la société civile, n'ont jamais été élus.

Pour cette XVe législature, l'Assemblée sera en tout état de cause profondément renouvelée, avec 75% de nouveaux députés.

Avec 21,56% des voix au premier tour, la droite LR-UDI-DVD ne peut espérer décrocher, selon les projections, que de 60 à 132 sièges, contre plus de 200 dans l'Assemblée sortante.

A noter que le parti LREM obtient la majorité absolue à l'Assemblée à lui-seul, sans les voix des fidèles de François Bayrou qui ne sera donc pas indispensable à Emmanuel Macron.

Déprime en vue également à gauche.

A gauche, l'alliance PS-PRG-DVG a recueilli 9,51% des voix et le PS, qui avait envoyé près de 300 députés au Palais Bourbon en 2012, ne pourra sans doute compter que sur quelques dizaines d'élus.

Quant au Front national et à La France insoumise, ils n'ont pas réussi à capitaliser sur leurs bons scores à la présidentielle. Avec 13,74% des voix au premier tour, LFI et le PCF ne peuvent guère espérer obtenir qu'un nombre de députés suffisant (15) pour constituer un groupe à l'Assemblée.

Sont en revanche battus les anciens ministres Marisol Touraine, Jean-Jacques Urvoas, Najat Vallaud-Belkacem et Myriam El Khomri et la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet.

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