Theresa May promet la stabilité, l'opposition demande sa démission

Des travailleurs préparent leur bureau de vote au Royaume-Uni

Des travailleurs préparent leur bureau de vote au Royaume-Uni

Ni face aux institutions de l'Union européenne avec lesquelles elle négocie le Brexit.

Beaucoup d'électeurs ont en revanche indiqué refuser que les attaques revendiquées par le groupe État islamique, qui ont fait huit morts à Londres samedi et 22 morts à Manchester le 22 mai, aient un impact sur leur vote.

Mme May s'exprimait à l'issue d'une brève rencontre avec Elizabeth II à qui elle a officiellement demandé l'autorisation de former un nouveau gouvernement.

" Mais elle a perdu des sièges conservateurs, perdu des votes, perdu le soutien et la confiance".

La livre sterling a également été "mise sous pression" vendredi, "anticipant la perte par les conservateurs britanniques de la majorité absolue au Parlement" [Le Figaro]. Selon la chaîne de télévision Sky News, Theresa May serait justement en discussion avec le Parti unioniste démocrate (DUP, protestant) d'Irlande du Nord qui a remporté dix sièges.

C'est un échec personnel pour la Première ministre, qui avait convoqué ces élections législatives anticipées en comptant en obtenir une majorité renforcée pour les négociations cruciales sur le Brexit avec l'Union européenne, le 19 juin.

Il a ajouté qu'il était fier de la campagne menée par son parti.

Theresa May avait convoqué le scrutin en avril, contrairement à ses propres engagements, en espérant surfer sur des sondages créditant son parti d'une avance de 20 points sur le Labour. Largement réélu, le chef de file du Parti travailliste a estimé que sa campagne électorale "positive" avait "changé la politique, pour le meilleur", et appelé May à la démission.

En outre, au sein même des Tories, l'ancienne ministre Anna Soubry a estimé que la Première ministre devait envisager une démission.

Dans le même temps, la monnaie britannique connaissait une chute brutale dans la matinée, jusqu'à -1,8% face au dollar. Enfin, dernière réaction, celle des financiers... qui auront le mieux souligné aux Britanniques la difficulté de leur situation: hier, la livre a de nouveau chuté -de 1,5 %- mais la Bourse de Londres terminé en hausse de 1,04 %, les grandes multinationales voyant dopée la valeur de leurs revenus à l'étranger du fait de cette chute.

" Il y a quelques mois, Mme May avait une autorité, en se présentant comme l'impératrice indiscutable du Brexit, la femme qui allait se retrousser les manches pour s'en occuper".

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui aussi appelé à "faire le maximum pour éviter" une absence d'accord, tandis que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a mis en garde contre tout "retard supplémentaire" dans les négociations, affirmant que la Commission était prête.

"Je viens d'aller voir Sa Majesté la reine et je vais maintenant former un gouvernement, un gouvernement qui puisse rassurer et faire avancer le Royaume-Uni en ce moment critique", a-t-elle déclaré devant ses bureaux au 10 Downing Street, à Londres. Car le Labour mène aussi des négociations acharnées avec de potentiels alliés, au premier rang desquels le Parti national écossais (SNP) qui s'il a subi une cuisante défaire lors de ces élections, conserve néanmoins la majorité des sièges écossais, en l'occurrence 35 strapontins.

Elle s'est engagé à réfléchir "à la meilleure manière d'aller de l'avant pour l'Ecosse", sans aller jusqu'à sceller le sort de son projet de consultation. Seul parti résolument europhile, les "Lib Dems" gagnent quatre sièges à douze mandats et ont prévenu qu'il n'y aurait "pas de coalition".

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