À Aumontzey, la famille Jacob abasourdie mais les langues se délient — Grégory

Le procureur général de Dijon Jean Jacques Bosc le 15 juin 2017

Le procureur général de Dijon Jean Jacques Bosc le 15 juin 2017

Pour rappel, le cadavre du petit Grégory Villemin avait été retrouvé au soir du 16 octobre 1984, pieds et poings liés dans les eaux froides de la Vologne, dans les Vosges (nord-est). Le lendemain, ce sont les parents de Gregory Villemin qui reçoivent une lettre, elle aussi anonyme, sur laquelle il est écrit: "Ton fils est mort". Elle se réveille aujourd'hui avec l'idée qu'elle est peut-être la fille de criminels.

L'entente est en revanche fusionnelle avec le cousin de Michel, Bernard Laroche, considéré comme un frère de lait. Ses parents, la grande-tante et le grand-oncle du petit Grégory, ont été mis en examen et écroués pour "enlèvement" et "séquestration de mineur suivie de mort", soupçonnés d'être impliqués directement dans le meurtre de l'enfant. "Mme Thuriot, épouse Jacob, et M. Jacob ont été mis en examen pour la qualification d'enlèvement et séquestration de l'enfant Grégory". J'étais en garde à vue, je ne savais même pas pourquoi. Remis en liberté en février 1985, il été abattu à l'âge de 29 ans par le père de Grégory moins de deux mois plus tard, persuadé de sa culpabilité.

"En vingt ans d'exercice professionnel, je n'ai jamais vu ça de ma vie".

D'autre part, un nouveau logiciel utilisé par la police, Anacrim, a permis de mettre en rapports plusieurs éléments datant des premières étapes de l'enquête. Selon une source proche du dossier, des documents écrits par la grand-tante de Grégory "ont été retrouvés en perquisition" à des fins de comparaison.

Interrogé par l'AFP, le procureur général près la cour d'appel de Dijon, Jean-Jacques Bosc, n'a pas souhaité confirmer ni infirmer cette information initialement révélée par le quotidien régional l'Est républicain. Et les grands-parents paternels de l'enfant ont eux été entendus comme témoins à leur domicile. Marcel et Jacqueline Jacob, oncle et tante de Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, seront fixés mardi sur la suite de leur parcours judiciaire. La troisième personne interpellée mercredi est Ginette Villemin, la tante par alliance du petit garçon et belle-soeur de Jean-Marie Villemin, le père.

L'enquête est relancée par l'analyse graphologique des lettres de menaces et autres courriers anonymes qui foisonnent dans le dossier, à défaut d'analyses ADN probantes.

Les indices, déroutants car parcellaires, distillés vendredi par le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc, ne dévoilent pas d'informations fondamentalement nouvelles, à l'exception notable d'une expertise en écriture. "Il fallait faire l'enquête avant d'arrêter" Marcel Jacob. Jusqu'à ces derniers jours, l'affaire Grégory, 32 ans après l'enlèvement et l'assassinat d'un garçonnet de 4 ans, semblait rester pour toujours irrésolue.

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