Deuxième tour des législatives française: vers une large majorité pour Macron

Patrick KOVARIK  AFP  Archives

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Lors du premier tour des élections législatives, le 11 juin dernier, marqué par une abstention record, l'alliance La République en marche-MoDem a obtenu 32,32 pc des voix, devant le bloc LR/UDI/Divers droite (21,56 pc), la France insoumise/PCF (13,74 pc), le parti de l'extrême droite le Front National (13,20 pc) et le Parti Socialiste (PS) et ses alliés (9,51 pc).

Mais en battant une nouvelle fois un record d'abstention (57% contre 51,3% au premier tour), les électeurs ont refusé de laisser "carte blanche " au nouveau président.

Le mouvement du président obtient entre 355 à 425 sièges, selon les estimations des instituts de sondage.

Le second tour n'a fait que consolider cette tendance, confirmant les prévisions et apportant quelques surprises inattendues. Les députés élus au second tour ont 48 ans et 8 mois de moyenne d'âge contre 54 ans en 2012.

La présidente du Front National, Marine Le Pen, fait son entrée à l'Assemblée nationale après avoir été élue à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) tout comme Louis Aliot, le vice-président du Front National, qui est élu dans les Pyrénées-Orientales.

Le leader du mouvement France Insoumise (FI), Jean-Luc Mélenchon a été élu dans la 4ème circonscription de Marseille (Bouches-du-Rhône) face à la candidate LREM, Corinne Versini. Autant dire que le vote a eu lieu sans le moindre suspense, si ce n'est le sort de quelques caciques porteurs des couleurs des partis traditionnels, pourtant laminés dès le premier tour. Mais est-ce que quelqu'un peut penser raisonnablement que, élu président, il aura une majorité présidentielle uniquement avec son parti?

Cette désafection encore plus forte des électeurs pourrait s'expliquer par le sentiment que les jeux sont déjà faits: La République en marche, le parti d'Emmanuel Macron, est arrivé largement en tête du premier tour des élections législatives. Comme de tradition après un scrutin législatif, son Premier ministre Edouard Philippe devrait remettre lundi ou mardi la démission de son gouvernement et en former immédiatement un nouveau, qui ne devrait pas comporter de grands changements.

Outre Annick Girardin, élue avec 136 voix d'avance à Saint-Pierre-et-Miquelon, les cinq autres ministres en lice - Bruno Le Maire, Christophe Castaner, Richard Ferrand, Marielle de Sarnez, Mounir Mahjoubi - étaient en ballotage favorable pour ce second tour.

Le visage de l'Assemblée nationale sera profondément transformé à l'issue de ces législatives.

Le Premier ministre prononcera vraisemblablement le 4 juillet sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale. Les nouveaux parlementaires commenceront à arriver dès cette semaine au Palais-Bourbon.

La période qui s'ouvre, malgré la majorité absolue de LREM à l'Assemblée nationale, comporte un certain nombre d'inconnus.

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