Doté d'une majorité nette, Macron a les mains libres

Jean-Luc Mélenchon, élu à Marseille, a annoncé dimanche 19 juin un " groupe parlementaire " LFI, sans évoquer les communistes.

Au lendemain du second tour des élections législatives, qui ont permis à Emmanuel Macron et au gouvernement d'Edouard Philippe de remporter une majorité absolue confortable (308 députés LRM, plus 42 députés MoDem affiliés à la majorité parlementaire), nos calculs indiquent que 75 % des élus sont des primo-députés. Son ministre des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a estimé que la voie était désormais "libre pour les réformes".

La coalition de droite autour des Républicains et de l'UDI limite les dégâts, avec 133 sièges, de même que le Parti socialiste et ses alliés de gauche, avec 45 sièges au total, toujours selon cette estimation. C'est particulièrement le cas cette année: des députés de droite ou de gauche, hors du groupe de La République en marche sont susceptibles de soutenir la politique du nouveau gouvernement.

Le mouvement présentiel a balayé les partis traditionnels, droite et gauche, qui ont structuré des décennies de vie politique française, mais sans obtenir le raz-de-marée annoncé par certains sondages.

Il faut 15 députés pour constituer un groupe à l'Assemblée. Quant au Parti socialiste, qui contrôlait la moitié de l'Assemblée sortante sous le quinquennat de François Hollande, il ne pourra sans doute compter que sur quelques dizaines d'élus.

Face à cette bérézina, le Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis a immédiatement démissionné de son poste: "Je prends cette décision sans amertume ni colère, conscient de mon devoir et du moment crucial que traverse la gauche". Marine Le Pen et Louis Aliot feront ainsi leur entrée à l'Assemblée Nationale sans Florian Philippot, battu en Moselle. Elles étaient 155 sous la précédente législature.

Selon Emmanuel Rivière de Kantar Sofres: "Il peut y avoir un correctif entre les deux tours, que les électeurs se disent qu'une fois que la majorité semble acquise pour Emmanuel Macron, ce n'est pas la peine d'en faire trop".

Le Premier ministre français Edouard Philippe devrait remettre incessamment la démission de son gouvernement, une formalité classique après un scrutin législatif. Cet homme politique issu de la droite modérée prononcera vraisemblablement le 4 juillet sa déclaration de politique générale devant les députés. Avec seulement 222 députés sortants au second tour, c'est une Assemblée profondément renouvelée, féminisée, qui sortira des urnes. "Il n'y a pas de blanc-seing accordé par les Français au nouveau président". "Cela facilitera indiscutablement sa tâche, mais cela accroît aussi les attentes", analyse Étienne Lefebvre dans Les Échos.

Dans cette configuration, le chef de l'État, qui "marche sur l'eau" selon le journal The Economist, a les coudées franches pour lancer ses réformes, avec trois priorités annoncées: moraliser la vie politique, réformer le droit du travail et renforcer l'arsenal de lutte contre le terrorisme. Pour le constitutionnaliste Didier Maus, "on a tiré contre tout ce qui représentait un système antérieur et on essaie autre chose".

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