Les Français boudent les urnes — Législatives

Macron en passe d'obtenir une majorité écrasante à l'Assemblée

Le président français Emmanuel Macron à Paris le 16 juin 2017 Thomas SAMSON

La soirée électorale est marquée par un nouveau record: celui de l'abstention pour des élections législatives, qui devrait dépasser les 56%.

Selon les premières estimations, l'alliance entre Les Républicains (LR) et l'UDI obtiendrait entre 128 et 130 sièges, au-dessus de la fourchette espérée à droite après le premier tour.

Comme de tradition après un scrutin législatif, Edouard Philippe devrait remettre lundi ou mardi la démission de son gouvernement et en former immédiatement un nouveau, qui ne devrait pas comporter de grands changements.

Le mouvement présentiel a balayé les partis traditionnels, sans cependant parvenir au raz-de-marée annoncé par certains sondages pré-électoraux.

Outre Annick Girardin, élue avec 136 voix d'avance à Saint-Pierre-et-Miquelon, les cinq autres ministres en lice - Bruno Le Maire, Christophe Castaner, Richard Ferrand, Marielle de Sarnez, Mounir Mahjoubi - étaient en ballotage favorable pour ce second tour. En conséquence, le nombre de triangulaires ce dimanche est faible (une seule) et peu de candidats ont été élus au premier tour: 4 (Sylvain Maillard (REM) à Paris, Paul Molac (REM) dans le Morbihan, Napole Polutélé (DVG) à Wallis-et-Futuna, et Stéphane Demilly (UDI) dans la Somme), contre 36 en 2012 et 110 en 2007. Le PS boira le calice jusqu'à la lie, n'ayant obtenu que 30 sièges au lieu des 284 dont il disposait dans l'assemblée précédente. Leurs collègues Benoît Hamon, Matthias Fekl, François Lamy, Christian Eckert, Pascale Boistard, Ségolène Neuville, Aurélie Filippetti, Emmanuel Cosse et Cécile Duflot ont tous été éliminés dès le premier tour, faute d'avoir pu réunir 12,5% des suffrages. Cette dernière s'est rendue en préfecture lundi pour "faire recompter les bulletins", soupçonnant des "irrégularités".

La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon serait en tête dans 17 circonscriptions et le Parti communiste l'emporterait dans 9 circonscriptions.

Le Front national obtient huit sièges et sa présidente Marine Le Pen entre à l'Assemblée nationale, de même que son compagnon Louis Aliot. S'il triple le nombre de ses députés, il échoue à constituer un groupe parlementaire, ce que laissait déjà entrevoir ses scores du premier tour.

Sont en revanche battus les anciens ministres Marisol Touraine, Jean-Jacques Urvoas, Najat Vallaud-Belkacem et Myriam El Khomri et la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet.

Europe Ecologie Les Verts disparaît pratiquement de l'Assemblée, avec un seul élu.

Emmanuel Macron va pouvoir faire voter les lois mettant en place son programme présidentiel présenté lors de la campagne.

Bien entendu, il faudra voir dans les semaines à venir la cohésion des élus LREM qui viennent d'horizons politiques divers et qui ne sont pas des professionnels de la politique ainsi que de la manière dont va se positionner le groupe MoDem.

Pour Yves-Marie Cann, cette abstention inégalée devra inciter le camp des gagnants à la modestie, malgré la majorité qui donnera au chef de l'Etat les outils pour mener sa politique, à commencer les ordonnances controversées réformant le Code du travail.

Dernières nouvelles