Majorité très nette pour Macron, mais moins écrasante qu'attendu — Législatives

Plus de 47 millions d'électeurs sont appelés à voter pour ce scrutin où le niveau d'abstention - qui avait atteint 51,3% au premier tour, un record - sera observé de près.

Mais cette victoire est entachée par le niveau de l'abstention, qui devrait dépasser 56%, selon plusieurs instituts.

Plus de doute: les estimations de ce second tour d'Ipsos Sopra Steria donnent un score de plus de 350 députés pour la majorité présidentielle, soit plus de 60% des 577 sièges.

La coalition de droite autour des Républicains et de l'UDI limite les dégâts, avec 133 sièges, de même que le Parti socialiste et ses alliés de gauche, avec 45 sièges au total, toujours selon cette estimation.

Au plan national, LFI obtiendrait une quinzaine de sièges et le Parti communiste, onze, là aussi bien mieux que prévu.

Au lendemain de ces législatives, Edouard Philippe devrait, comme le veut la tradition, remettre la démission de gouvernement pour être aussitôt chargé d'en former un nouveau avec a priori peu de changements.

Les six ministres candidats ont en effet été élus (Christophe Castaner, Richard Ferrand malgré les affaires judiciaires, Bruno Le Maire, Annick Girardin, Mounir Mahjoubi et Marielle de Sarnez). Très loin des 284 sièges socialistes de l'Assemblée sortante, mais là aussi moins catastrophique que redouté.

Une "déroute incontestable", a admis son Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis avant d'annoncer son retrait de la direction du parti, qui obtient deux fois moints de sièges que lors du précédent désastre de 1993 (57 députés PS et apparentés).

Non investi par le PS, mais non concurrencé par la REM, Manuel Valls a annoncé dans une ambiance houleuse sa réélection dans l'Essonne avec 139 voix d'avance sur sa concurrente de la France insoumise, Farida Amrani.

S'il quadruple le nombre de ses députés, le FN échoue cependant à constituer un groupe parlementaire de 15 députés.

Ce scrutin est également marqué par une première en Corse: l'élection de trois députés nationalistes, Michel Catellani, Jean-Félix Acquaviva et Paul-André Colombani. Protégés par la REM, les anciens ministres Stéphane Le Foll et Sylvia Pinel gardent leurs sièges.

Sont en revanche battus: les anciens ministres Marisol Touraine, Jean-Jacques Urvoas, Najat Vallaud-Belkacem et Myriam El Khomri et la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet.

Les grandes manoeuvres se poursuivront cette semaine au PS (bureau national mardi et conseil national samedi), chez Les Républicains (bureau national mercredi) et au FN (bureau politique mardi).

De son côté, Emmanuel Macron a les mains libres pour appliquer son programme (moralisation de la vie publique, réforme du droit du travail.). Le prochain rendez-vous électoral aura lieu le 24 septembre, avec le renouvellement de la moitié du Sénat, actuellement à droite.

Cet incroyable analyse que l'on a entendu sur tous les médias, de la part de journalistes, de politologues et de responsables politiques viendrait de ce que LREM n'aurait pas obtenu les plus de 400 sièges, voire les 470, que les instituts de sondage lui attribuaient depuis des semaines.

Pour cette XVe législature, l'Assemblée sera en tout état de cause profondément renouvelée.

Le renouvellement de l'Assemblée sera en conséquence d'une ampleur inédite, sous l'effet de la vague Macron qui ouvre les portes à une nouvelle génération d'élus, dont une partie novices en politique, de la loi interdisant le cumul des mandats et des progrès de la parité hommes-femmes.

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