Macron devant le Congrès: "une humiliation" pour Philippe, estime Faure (PS)

L'ex-président François Hollande devant les parlementaires réunis en Congrès le 16 novembre 2016 à Versailles

L'ex-président François Hollande devant les parlementaires réunis en Congrès le 16 novembre 2016 à Versailles. | Archives Reuters

À l'inverse, la gauche pointe du doigt l'attitude d'Emmanuel Macron.

Selon le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, Emmanuel Macron "réfléchit" à réunir députés et sénateurs en Congrès à Versailles.

Le député de Seine-et-Marne dénonce une humiliation pour le Premier ministre. Après avoir théorisé le dépassement des corps intermédiaires, après avoir choisi de contourner le Parlement avec les ordonnances, voilà maintenant qu'il en est à vouloir doubler son propre gouvernement. "Je vois que ce n'est pas le cas aujourd'hui".

Dans les rangs de la droite, l'initiative est perçue comme une monarchisation du régime et le symbole de la prééminence du président de la République sur le chef du gouvernement. " C'est une pratique des institutions surprenantes et jamais vue: il y a un côté Roi-Soleil dans tout cela, où le président de la République coupe l'herbe sous le pied de son premier ministre", s'insurge le patron des députés Les Républicains (LR), Christian Jacob.

"Jusqu'ici nous avions avec le général De Gaulle un Premier ministre qui dirigeait le gouvernement", "avec Nicolas Sarkozy nous avons eu un Premier ministre qui est devenu son collaborateur", "cette fois-ci on observe que ça pourrait devenir, si le président de la République parlait avant lui le 3 juillet, un simple répétiteur".

Le président de la République a trouvé une astuce pour parler avec les parlementaires, alors qu'il n'en a pas la possibilité en temps normal; séparation des pouvoirs oblige. Le président est "toujours le maître des horloges et de son calendrier", rajoute-t-il.

Il a rappelé que l'organisation de congrès était l'une des promesses du candidat Macron: "Emmanuel Macron avait pris l'engagement devant les Français de réunir chaque année le Parlement, c'est à dire l'Assemblée nationale et le Sénat, en Congrès à Versailles".

Certains y verront une manière de verrouiller l'action gouvernementale et de retirer toute latitude au Premier ministre. En 2015, François Hollande avait convoqué le Parlement à la suite des attentats de novembre 2015 et avant lui, Nicolas Sarkozy en 2009, pour évoquer la situation économique du pays.

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