"Aucune concession" pour Nicolas Hulot — Pesticides tueurs d'abeilles

LE GOUVERNEMENT ENVISAGE D'ASSOUPLIR L'INTERDICTION DE PESTICIDESLE GOUVERNEMENT ENVISAGE D'ASSOUPLIR L'INTERDICTION DE PESTICIDES

LE GOUVERNEMENT ENVISAGE D'ASSOUPLIR L'INTERDICTION DE PESTICIDESLE GOUVERNEMENT ENVISAGE D'ASSOUPLIR L'INTERDICTION DE PESTICIDES

Le Premier Ministre, Edouard Philippe, lui a aussitôt emboité le pas dans un communiqué ou il confirme que "Le gouvernement a décidé de ne pas revenir sur les dispositions de la loi de 2016".

"C'est logique: les lobbies cherchent à remonter au créneau", a-t-elle dit à l'AFP, interrogée sur la passe d'armes lundi, entre les ministres de l'Agriculture et de la Transition écologique, autour du sort de cette interdiction.

Stéphane Travert, nouveau Ministre de l'Agriculture, avait sous-entendu ce matin que la France pourrait revenir sur l'interdiction des pesticides tueurs d'abeilles.

Et c'est le Premier ministre Edouard Philippe qui a finalement tranché le premier différend entre le ministre de l'agriculture et celui de la transition écologique et durable, à l'avantage de ce dernier. Aucune argutie juridique ne peut justifier que l'on revienne sur la loi française alors même que l'Europe est en train de décider de l'interdiction totale de trois néonicotinoïdes (imidaclopride, clothianidine, thiamétoxame).

Concernant les épandages aériens de pesticides, interdits sauf situation d'urgence, Stéphane Travert a assuré qu'une demande de dérogation avait été rejetée et que l'arbitrage, en la matière, avait été rendu. "Il y a une loi qui a été votée lors du dernier quinquennat qui se trouve ne pas être en conformité avec le droit européen", explique-t-il, arguant de "la volonté" du gouvernement "de pouvoir gérer les impasses techniques" pour des produits "qui n'ont pas de substitution".

Elle a fait partie des parlementaires à l'origine de l'interdiction des néonicotinoïdes, inscrite dans la loi française au terme de cinq lectures parlementaires et elle est déterminée à la défendre. Mais de son côté, Nicolas Hulot semble lui très clair.

Représentants des défenseurs de l'environnement ou du secteur de l'apiculture et ceux de l'agriculture intensive ont une vision opposée du danger de ces pesticides. Pesticides dit "systémiques", ils sont absorbés par la plante et transportés vers tous les tissus (feuilles, fleurs, racines, tiges, pollen et nectar). On les retrouve donc sur les feuilles, fleurs, racines, tiges, mais aussi dans le pollen et le nectar.

Les néonicotinoïdes sont une classe d'insecticides qui imitent la nicotine, d'où leur nom. Neurotoxiques, ils agissent sur le système nerveux central et la capacité de traitement de l'information des insectes et des invertébrés.

Peu biodégradables, ils affectent les autres espèces insectivores et persistent dans l'eau et les sols. De plus, plusieurs rapports et publications font valoir que l'utilisation de ces molécules n'a pas permis une augmentation significative des rendements pour les agriculteurs. Les rendements de miel par ruche sont significativement réduits faisant passer la production nationale de 32 000 tonnes en 1995 à 10 000 tonnes en 2014.

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