Theresa May détaille son projet pour les immigrés européens

Brexit : le sort des citoyens de lUE en jeu

Brexit: May veut rassurer les Européens installés au Royaume-Uni

"Mais aujourd'hui (.) je souhaite rassurer pleinement les gens en leur disant qu'en vertu de ce projet, il ne sera demandé à aucun citoyen européen se trouvant actuellement légalement au Royaume-Uni de (le) quitter au moment où le pays sortira de l'UE". Nous voulons que vous restiez. La Première ministre britannique, Theresa May, a insisté sur le fait que les 3,2 millions d'Européens qui vivent sur le sol britannique et s'interrogent depuis un an sur leur futur statut doivent être "rassurés" sur le fait qu'ils n'auront "pas à quitter le Royaume-Uni".

Theresa May a noué lundi un accord de gouvernement avec le principal parti unioniste d'Irlande du Nord, en échange d'une aide supplémentaire d'un milliard de livres (1,13 milliard d'euros) en faveur de la province. "Les futurs droits des citoyens européens résidents du Royaume-Uni avant notre départ dépendront des engagements obtenus lors de l'accord de sortie avec l'UE".

Deux éléments différencieront ces résidents européens des citoyens britanniques: ils ne disposeront pas du droit de vote, sauf pour les élections municipales - comme c'est déjà le cas - et ils perdront leur statut de "résident établi" s'ils demeurent de manière continue hors du Royaume-Uni pendant plus de deux ans.

Les citoyens européens pourront déposer une demande auprès du ministère de l'Intérieur pour obtenir un settled status, qui s'apparentera à une forme de carte d'identité spécialement réservée aux Européens. Les Européens qui vivent au Royaume-Uni depuis 5 ans, à partir d'une date butoir qui reste à négocier, pourront réclamer le droit de résidence permanente.

La date butoir devrait être comprise entre le lancement officiel de la procédure de divorce (mars 2017) et la sortie effective du pays de l'UE (théoriquement mars 2019) et fera l'objet de "discussions" avec les 27, selon le gouvernement.

Mais pour l'heure, ce flou entretient l'incertitude pour de nombreux immigrés européens, souligne le Pr Dimitrios Giannoulopoulos de la Brunel University de Londres. En guise de compromis, Londres évoque une instance supranationale ad hoc britannico-européenne.

Alors que nombre de ressortissants présents dans le pays s'inquiètent d'éventuelles lourdeurs procédurales, le gouvernement promet de "moderniser" le fonctionnement de son administration, mais aussi des délais "adaptés" pour le dépôt des dossiers.

La proposition a aussi été vivement critiquée par le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn. "Ce n'est pas une offre généreuse". Présentée la semaine dernière par Theresa May lors d'un sommet à Bruxelles, l'offre non détaillée avait déjà été fraîchement accueillie par les dirigeants européens, comme par les représentants de citoyens européens installés au Royaume-Uni.

"Qu'arrivera-t-il s'il n'y a pas d'accord (avec l'UE)?" Il faudra alors se plier aux règles du regroupement familial en vigueur pour les Britanniques, qui imposent notamment des conditions de revenus. "Et de la CJUE garante des droits des citoyens européens?", soulignait un groupe de pression représentant les immigrés européens au Royaume-Uni, appelé The3million. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP.

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