Code du travail : la tension monte dans l'hémicycle

Vers minuit et demi, les députés ont voté par 155 voix contre 21 l'article 3 du projet de loi habilitant le gouvernement à réformer le Code du Travail par ordonnances. Face à cela, La France Insoumise propose "l'abrogation de la loi El Khomri, le droit de veto aux représentants des salariés, la hausse du SMIC, l'interdiction des licenciements boursiers, un droit de préemption pour les salariés en cas de fermeture de l'entreprise, les 35 heures réelles avec majoration des heures supplémentaires, un maximum de 10% de CDD par entreprise, un renforcement de l'inspection du travail et la création de 3 millions d'emplois par la relance de l'activité, la transition écologique et le protectionnisme solidaire".

Les députés de gauche, emmenés par les communistes et les Insoumis, ont immédiatement crié au scandale au sujet du barème revu des Prud'hommes, qui permet à l'employeur de verser moins de compensations qu'auparavant.Pour Sébastien Jumel (PCF), les patrons investiront désormais dans le licenciement. Pour Jean-Luc Mélenchon (France Insoumise), l'objectif du #Gouvernement est de "rassurer les (employeurs) délinquants" en plafonnant les indemnités.

La ministre du Travail a plaidé "le besoin de repères" avec des "barèmes planchers et plafonds", en réponse aux critiques.

Quant au FN Ludovic Pajot, il s'est aussi opposé à un "contrat de mercenariat" qui "pourrait faire entrer la France dans le règne du salariat jetable".

Les députés de gauche ont aussi mené la charge contre l'extension au-delà du BTP du contrat de chantier, à mi-chemin entre CDI et intérim, dénonçant notamment "une vieille revendication du Medef". On parle d'ouverture de la "trappe de la précarité", de "retour aux tâcherons" et de "société de mini-jobs".

Cherchant visiblement à rassurer, le rapporteur.

"Je vous appelle à une forme d'insurrection morale" contre un "coup d'Etat social", a-t-il lancé à des militants estimés au nombre de 4.000 par les organisateurs.

Depuis le début, lundi, de l'examen de ce projet de loi, les députés des deux formations de gauche ferraillent contre le texte.

Les ordonnances devraient être adoptées avant le 20 septembre en conseil des ministres.

Leur ratification sera ensuite soumise au Parlement, ce qui devrait engendrer une nouvelle bataille, alors que la CGT a déjà appelé à une journée d'action le 12 septembre.

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