Des photos publiées par "Paris Match" font polémique — Attentat de Nice

Bougies et message à la mémoire des victimes de l'attentat à Nice le 16 juillet 2016ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Bougies et message à la mémoire des victimes de l'attentat à Nice le 16 juillet 2016ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Mercredi soir, l'annonce de la publication de ces photos avait suscité la colère des victimes et de leurs proches. "Un an après. Les rescapés racontent".

Le tribunal de grande instance de Paris a tranché: il n'a pas ordonné le retrait du dernier numéro de Paris Match, dans lequel se trouvaient des photos de l'attentat du 14 juillet 2016 qui a fait 86 morts à Nice. Les fleuristes de Nice se sont cotisés pour distribuer des roses blanches aux passants. Quatre pages de photo-reportage. Sur les images diffusées par Paris Match, des victimes vivantes blessées sont visibles mais, selon lui, pas forcément identifiables. Enfin, une photo de lui mort, au volant de son camion, abattu par la police de 12 balles. Elles formeront un message long de 170m choisi par les familles des victimes, qui sera dévoilé à 20h.

Cette requête est aussi soutenue par l'association Promenade des anges, qui rassemble les proches des victimes de l'attentat au camion bélier qui a ensanglanté la célèbre Promenade des Anglais le 14 juillet 2016.

La Fenvac en appelle aux autorités judiciaires, demandant au parquet antiterroriste de Paris "de faire cesser ce trouble manifestement illicite".

Le maire de Nice Christian Estrosi (LR) a critiqué sur France Inter la publication d'images "ignobles". Mais ce qui pose problème, c'est qu'on se rend compte que pendant 14 mois le terroriste a tranquillement photographié les lieux pour planifier son crime.

Ainsi le ministère public demande-t-il à la justice d'ordonner le retrait de la vente du magazine et "l'interdiction de diffusion" de la publication "sous tous formats, notamment numérique", a indiqué le parquet de Paris, qui assigne donc Hachette Filipacchi Médias et la directrice de publication du magazine.

Une enquête a été ouverte par le parquet pour violation du secret de l'instruction de recel.

Cependant, pour l'avocate de Paris Match, Me Marie-Christine Percin, "la presse joue son rôle". Elles sont publiées dans un souci de compréhension des événements", dit-il. olivier Royant ajoute: "Paris Match entend défendre bec et ongles le droit des citoyens, au premier chef le droit des victimes, de savoir ce qui s'est passé exactement. Enfin, il rappelle que ces photos ont déjà été "publiées et relayées par nos confrères depuis un an, et encore ces jours-ci dans des émissions de télévision à grande audience".

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