Les sévères critiques d'une figure de LREM — Budget des armées

Le général Pierre de Villiers

Le général Pierre de Villiers

La querelle entre le président et son chef d'état-major, qui vient d'achever un mandat de cinq ans prorogé tout récemment d'une année supplémentaire, porte évidemment sur cette fameuse coupe de 850 millions d'euros dans le budget militaire de cette année. Ce soir-là, le président de la République a rappelé au bon souvenir du général, qui disait ne pas vouloir se faire "baiser" par Bercy devant la commission de la défense de l'Assemblée nationale, qu'il était son "chef". Bien entendu, il aurait mieux valu pour M. Macron, qu'il eût raison à cent pour cent. Mais ce qu'il a dit au " JDD " est essentiel. Le général Pierre de Villiers demandait à ce que les dépenses publiques pour la Défense passent à 2% en 2022: selon la trajectoire actuelle, ce seuil sera atteint en 2025.

Le CEMA a assisté vendredi au défilé du 14 juillet au côté du président Macron. Mais au-delà des conseils pour novices, il est difficile de ne pas y déceler des tacles à l'encontre d'Emmanuel Macron... En aucun cas le général de Villiers ne doit démissionner. "Méfiez-vous de la confiance aveugle; qu'on vous l'accorde ou que vous l'accordiez", expose le militaire. "Parce que tout le monde a ses insuffisances, personne ne mérite d'être aveuglément suivi" écrit-il. La confiance est une vertu vivante. Le Ministre de l'Action et des Comptes Publics, G. Darmanin, cherche à parvenir à une économie générale de 4,5 milliards d'euros et demande un effort de 850M€ à la Défense. 650 millions d'euros seront consacrés aux opérations extérieures: l'armée est notamment projetée en Afrique pour combattre le fondamentalisme islamique. Depuis 2013, le surcoût des opérations extérieures dépasse 1,1 milliard d'euros. C'est donc le militaire en chef, Pierre de Villiers, qui prend les devants de la fronde.

Relations internationales et budget de la Défense. Enfin, Emmanuel Macron a eu quelques mots pour Benyamin Netanyahou. "Je suis votre chef", a-t-il sévèrement rappelé, jeudi, depuis le ministère des Armées.

"J'aime le sens du devoir, j'aime le sens de la réserve qui a tenu nos armées là où elles sont aujourd'hui. Et je n'ai à cet égard besoin de nulle pression et de nul commentaire", martelait le chef de l'état. "C'est tout à fait exceptionnel qu'un chef d'état-major dise des choses pareilles", renchérit Jean-Christophe Lagarde, précisant que le général avait été applaudi après son intervention, "sur tous les bancs". On attend, par exemple, une levée de boucliers des équipementiers puisque le Président les a aussi un peu malmenés ce dimanche en affirmant que " l'intérêt des armées doit primer sur les intérêts industriels ".

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