Vote massif mais symbolique contre le président Maduro — Venezuela

La participation au scrutin jugé illégal par Nicolas Maduro se rapproche sensiblement des 7,7 millions de suffrages remportés par l'opposition aux dernières élections législatives de décembre 2015

Venezuela : non au projet de dictature de Maduro !

Une femme a été tuée dimanche 16 juillet 2017 lors d'une fusillade devant l'un des quelque 2 000 bureaux de vote où l'opposition vénézuélienne organisait une consultation populaire symbolique sur le projet de Constituante du président Nicolas Maduro, rapporte rtbf. C'est ce qu'ont annoncé les recteurs d'universités garants de l'organisation, après le dépouillement de 95% des bulletins de vote.

"C'est une démonstration indiscutable et historique", a déclaré un des leaders de l'opposition, Henrique Capriles, dès avant l'annonce du chiffre de participation.

"Je manifeste mon mécontentement contre le gouvernement. Et eux, ils veulent juste rester au pouvoir, nous votons pour qu'ils le quittent", déclare Tibisay Méndez, 49 ans, dans un bureau de vote du sud-est de Caracas.

Déclarations d'autant plus importantes que l'Église catholique vénézuélienne, soutenue par le Vatican (on se souvient d'une visite privée hors agenda de Nicolás Maduro au pape François en octobre dernier), a pendant très longtemps ménagé le président vénézuélien, espérant ainsi pouvoir jouer un rôle déterminant entre le pouvoir actuel et son opposition.

"La communauté internationale doit maintenant demander l'annulation de cette Constituante putchiste", a déclaré le Bolivien Jorge Quiroga, l'un des cinq anciens présidents latino-américains venus à Caracas en tant qu'"observateurs internationaux" de la consultation.

Ce référendum s'opposait à la formation de la Constituante, dont les 545 membres - qui seront élus le 30 juillet - auront pour mission de modifier la constitution.

Près de 70 % des Vénézuéliens s'opposent à ce projet et 80 % dénoncent la gestion du pays par le gouvernement Maduro, selon l'institut de sondage Datanalisis. Mais l'opposition pense qu'elle servira à contourner l'Assemblée nationale, où elle détient la majorité depuis 2016 après 17 ans de domination chaviste -du nom du président décédé Hugo Chavez, dont Nicolas Maduro est l'héritier-.

Le chef de l'État a appelé ses adversaires à réaliser leur consultation dans un climat de "paix".

Dans un effort pour détourner l'attention, le gouvernement a toutefois aussi invité la population, dimanche, à tester les machines de vote qui seront mises en place le 30 juillet pour l'élection des membres de l'Assemblée constituante.

Les bureaux de vote ont fermé plus tard que prévu alors que nombre de Vénézuéliens faisaient encore la queue pour voter.

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