Liberté provisoire pour sept collaborateurs du journal Cumhuriyet — Turquie

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L'OSCE demande à la Turquie de libérer les journalistes du Cumhuriyet AFP 2017 OZAN KÖSE

Le président du tribunal, Abdurrahman Orkun Dag, a alors annoncé qu'il maintenait en détention le président du directoire du journal, Akin Atalay, le rédacteur en chef Murat Sabuncu, les journalistes Kadri Gürsel et Ahmet Sik ainsi que le blogueur Kemal Aydogdu, en raison de la " gravité " des charges qui pèsent contre eux.

"Aujourd'hui avec cette décision, ils veulent nous dire 'nous vous mettrons à genoux'".

L'ancien président Abdullah Gül, en poste de 2007 à 2014, rarement ouvertement critique du pouvoir, s'est dit vendredi favorable à la remise en liberté des journalistes pendant la durée du procès.

"Ne vous en faites pas pour nous, nous sommes droit debout!", a pour sa part hurlé M. Atalay.

" Je ne suis pas en colère contre vous [.], car je sais que les juges qui ordonnent une remise en liberté sont radiés", a déclaré à la cour l'avocat de la défense Bahri Belen". "Cela fait presque 60 ans que je suis avocat (.), jamais de ma vie je n'avais vu un document qui invente ainsi des crimes à partir de rien", a pour sa part fustigé Me Alp Selek, un autre avocat. Les sept collaborateurs de Cumhuriyet y sont emprisonnés. Il a en revanche maintenu en détention les principaux journalistes jugés pour soutien au "terrorisme" dans le cadre d'un procès considéré comme celui de la liberté de la presse dans le pays. Ils risquent jusqu'à 43 ans de prison.

La première semaine de ce procès retentissant s'est donc achevée vendredi en fin d'après midi dans la touffeur de la minuscule salle d'audience bondée du palais de justice de Caglayan à Istanbul.

La justice turque accuse Cumhuriyet d'avoir été sous l'influence, entre autres, du prédicateur en exil Fethullah Gülen, accusé par les autorités turques d'avoir ourdi la tentative de putsch du 15 juillet 2016.

Les collaborateurs du quotidien Cumhuriyet ont été interpellés en 2016. "La décision que rendra le tribunal déterminera également l'avenir de la démocratie turque", était-il aussi écrit. Le quotidien s'est forgé une solide réputation à force de scoops embarrassants pour le pouvoir.

Selon le site P24, spécialisé dans la liberté de la presse, 166 journalistes sont détenus en Turquie, dont la majorité dans le cadre de l'état d'urgence décrété après la tentative de putsch.

Le président de l'organisation Reporters sans frontières (RSF), Pierre Haski, estime que la France devrait faire davantage "pression" sur la Turquie, où plusieurs journalistes du quotidien Cumhuriyet, farouche critique du président Recep Tayyip Erdogan sont jugés depuis lundi.

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