Des chercheurs ont réussi à modifier l'ADN d'embryons humains

Une équipe américaine a génétiquement modifié des embryonsPlus

Une équipe américaine a génétiquement modifié des embryonsPlus

De quoi ouvrir potentiellement la voie à de grands progrès dans le traitement des maladies génétiques, mais aussi soulever de nombreuses questions éthiques. Le résultat a été concluant: 72% des embryons (42 sur 58) ont ainsi été corrigés alors que ce taux aurait été de 50% sans ces fameux ciseaux génétiques (naturellement, les embryons auraient eu une chance sur deux d'hériter d'un gène sain).

Si cette technique peut permettre de corriger des gènes défectueux responsables de maladies, elle pourrait aussi théoriquement produire des bébés dotés de certains traits physiques (couleur des yeux, force musculaire, etc) et aussi plus intelligents, soulevant d'importants problèmes éthiques.

Le principe d'évaluer l'efficacité de cette technique sur des embryons humains est aussi soutenu en France par la Société de génétique humaine et la Société de thérapie cellulaire et génique (SFTCG).

Pour éviter toutes dérives, les scientifiques de l'université de l'Oregon qui ont réalisé l'expérience n'ont pas laissé les embryons se développer plus de quelques jours, et n'ont pas envisagé de les implanter dans des utérus.

L'étude a été menée au sein de l'université des Sciences et de la Santé d'Oregon (OHSU) aux Etats-Unis par des scientifiques américains, chinois et sud-coréens.

Les risques de ces avancées scientifiques avaient été pointés en décembre 2015 par un groupe international de scientifiques à Washington. L'outil utilisé est la technique CRISPR-Cas9, découverte majeure dévoilée en 2012 par une scientifique française. La technologie dite " ciseaux génétiques " consiste à enlever une partie de l'ADN ciblé en insérant des enzymes dans une cellule.

L'équipe de chercheurs a utilisé cet outil révolutionnaire pour corriger, dans des embryons humains, le gène porteur de la cardiomyopathie hypertrophique. Cette maladie cardiaque héréditaire peut entraîner des morts subites.

Les résultats ont été concluants.

"Ces outils peuvent encore être améliorés pour atteindre un taux de réussite de 90 voire 100% ", a même prédit un autre des auteurs de l'étude, Shoukhrat Mitalipov.

Dernières nouvelles