Discothèques et festivals devront bientôt baisser le volume de la musique — Bruit

Festivaliers lors du festival des Vieilles Charrues

Festivaliers lors du festival des Vieilles Charrues

Discothèques et festivals vont devoir se soumettre à une réglementation plus stricte concernant le niveau sonore de la musique qu'ils diffusent.

Au delà des boites de nuit et des festivals, ces obligations d'affichage et d'enregistrement s'appliquent à tout autre lieu diffusant de la musique "à titre habituel" et/ou dont la capacité d'accueil est supérieure à 300 personnes.

Dès la parution d'un arrêté du ministère de la Santé dans les lieux récemment ouverts au public et au plus tard le 1 octobre 2018, le niveau sonore moyen, mesuré sur 15 minutes, ne pourra plus dépasser 102 décibels, contre 105 actuellement. Une différence sensible, car l'échelle des décibels n'est pas linéaire: retirer 3 décibels correspond à diviser l'intensité sonore par deux.

"Merci de baisser le son".

C'est surtout dans les petites salles que ça va poser problème, estime Joseph Gatineau, ingénieur du son notamment pour le groupe Radio Elvis. "Mais un batteur, si c'est du rock, on ne va pas lui demander de jouer au balai".

Nos confrères du Point rappellent que jusqu'ici et depuis 1998, le volume sonore moyen autorisé dans de tels contextes était de 105 décibels.

Afin d'assurer un respect total de cette réglementation, les endroits concernés devront afficher en continu le niveau sonore, l'enregistrer et tenir ces enregistrements à disposition en cas de contrôle. Et quand il s'agit d'enfants jusqu'à six ans, la limite est abaissée à 94 décibels. Des "contraintes assez fortes" qui impliquent "des coûts supplémentaires" d'équipement pour les exploitants de salles et les entrepreneurs du spectacle, selon Angélique Duchemin.

Côté prévention, le décret précise que les lieux en question devront "informer le public sur les risques auditifs", "mettre à disposition du public à titre gratuit des protections auditives" comme des bouchons d'oreilles. Créer de telles zones sera, là aussi, "compliqué" dans les petites salles ou les festivals, souligne Angélique Duchemin, qui se réjouit que l'alternative de "périodes de repos" ait été retenue.

Alors que 12 à 13 % de la population française, (6 à 8 millions de personnes) sont touchés par des problèmes d'audition, une série de mesures visant à "protéger l'audition du public" vient d'être publiée au Journal officiel. "Notre oreille commence à souffrir sans que nous le sachions à partir d'une exposition à 85 décibels pendant 8 heures", prévient le Centre d'information et de documentation sur le bruit.

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