Échauffourées lors d'une marche aux flambeaux de centaines de militants suprémacistes — Virginie

Les débordements américains

Etats-Unis : des milliers de manifestants nationalistes dans la rue

Dans un air chargé en gaz lacrymogène, les heurts opposant manifestants de la droite radicale et contre-manifestants se sont multipliés avant même le début prévu de l'événement, donnant lieu à des rixes, des jets de projectiles et des échanges de coups de bâton, selon une journaliste de l'AFP sur place.

La veille, Terry McAuliffe a demandé aux habitants d'éviter de se rendre à ce rassemblement, pour lequel un détachement de la Garde nationale de l'Etat a été mis en alerte. "De nombreuses personnes attendues (samedi) à Charlottesville veulent exprimer des idées considérées par beaucoup de gens, y compris moi-même, comme abjectes.

Des heurts ont éclaté, le rassemblement a été interdit et l'état d'urgence décrété.

Dans une vidéo amateur diffusée sur les réseaux sociaux, on voit une voiture de couleur sombre percuter violemment un autre véhicule par l'arrière, puis repartir vivement en marche arrière, au milieu des manifestants. Une fille au sol a été mutilée. "C'était volontaire, ils ont fait exprès de reculer", a raconté un homme ayant assisté à la scène.

Plusieurs personnes ont été blessées après qu'une voiture a percuté les contre-manifestants à Charlottesville, en Virginie. Les forces de l'ordre se sont ensuite vues obligées d'évacuer le parc où se déroulait la manifestation.

Baptisé "Unite the right" ("Unissons de la droite"), il comprend des groupes de droite identitaire et d'extrême droite américaine, dont le Ku Klux Klan et des néo-nazis. "Il n'y a pas de place en Amérique pour ce type de violences".

D'habitude relativement avare en commentaires publics, la Première dame des Etats-Unis, Melania Trump, l'avait précédé en condamnant le sectarisme. "La violence n'engendre rien de positif".

Certains militants rassemblés, professant la suprématie de la race blanche, étant venus munis de drapeaux confédérés, un symbole considéré comme raciste par une bonne partie des Américains. Le 8 juillet dernier, quelques dizaines de membres du Ku Klux Klan s'étaient déjà rassemblés dans cette ville paisible et pittoresque, mais ils avaient été très largement surpassés en nombre par les manifestants antiracistes.

Le Southern Poverty Law Center (SPLC), une organisation à but non lucratif qui publie chaque année une liste des "groupes de haine" aux Etats-Unis, a qualifié le rassemblement de "plus grand rassemblement haineux depuis des décennies", ajoutant qu'il pourrait constituer "un point culminant pour la frange de l'extrême droite haineuse". Mais les images de ces extrémistes en robe traditionnelle avaient été diffusées dans le monde entier.

Sur Twitter, Donald Trump a dénoncé la haine qui s'exprime à travers ce rassemblement et ces violences.

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