15 pays européens touchés par le scandale — Oeufs contaminés

Oeufs contaminés. Une partie de la livraison se trouverait dans un établissement du Maine-et-Loire

Oeufs contaminés. Une partie de la livraison se trouverait dans un établissement du Maine-et-Loire

Est-ce que mes biscuits préférés contiennent du fipronil? Une communication pour le moins brouillonne qui participe à jeter de l'huile sur le feu de cette affaire sanitaire déjà très médiatisée.

Pour le ministère de l'Agriculture, ce temps de réponse est simplement dû à la complexité du réseau d'acheminement.

L'Anses s'est basée sur une concentration maximale de 1,2 mg/kg de friponil dans l'œuf et en a déduit que pour ne pas être exposé à un risque aigu, un enfant de 1 à 3 ans pesant 12 kg ne devait consommer qu'un seul œuf par jour. Ce dernier a été mis en vente par Leader Price entre le 19 et le 28 juillet et comprend "environ 48.000 œufs". Le distributeur a procédé au retrait des œufs encore en rayon.

Œufs contaminés: le scandale a-t-il été étouffé? Une grande partie a été distribuée à cinq établissements français fabriquant des ovoproduits. Leur destination, des "établissements d'ovoproduits", chargés de réaliser des transformations des œufs pour le compte de la restauration ou de l'industrie agroalimentaire.

En revanche, l'affaire du Fipronil, qui s'étend et s'éclaircit, touche de plein fouet les " ovoproduits", c'est à dire les produits faits à base d'oeufs pour des préparations pâtissières, la restauration rapide et/ou collective, les plats préparés. Au total, plus de 200 000 œufs contaminés au Fipronil, importés de Belgique et des Pays-Bas, ont été "mis sur le marché" en France depuis avril. Ou encore de vérifier que chaque produit fini a été créé à partir de ces œufs-là ou non, nous a-t-on expliqué.

Au moins trois millions d'œufs ont été livrés en Allemagne par les Pays-Bas. "On peut s'interroger sur l'efficacité du contrôle des agents sanitaires, car c'est au niveau de l'exploitant que les œufs ont été découverts", déplore Laurent Chevallier, médecin consultant en nutrition.

Pourtant, pour le porte-parole de la Confédération Paysanne, Laurent Pinatel, ce délai de réponse est suspect.

De son côté l'ANSES ajoute que les effets neurotoxiques du fipronil n'ont jamais été constatés en France. C'est impensable. Il y a une volonté de ne pas chercher. La présence de traces de ce produit ne constitue pas un risque pour la santé humaine. Des œufs en provenance des Pays-Bas et distribués à travers certains pays européens comme l'Allemagne, la Belgique ou encore la France se sont révélés être contaminés par une molécule interdite dans le traitement des animaux domestiques destinés à la chaîne alimentaire: le fipronil. Selon L'OMS, pour constater des effets néfastes, il faudrait manger entre 7 et 15 œufs par jour.

Le 26 septembre, la Commission européenne convoquera une réunion "de crise" avec tous les ministres et représentants des agences de sécurité alimentaire dans tous les pays impliqués, dès que l'ensemble des faits seront établis. Ainsi, un premier lot de 196 000 œufs en provenance de Belgique aurait été mis sur le marché entre le 16 avril et le 2 mai.

D'autant que les autorités vétérinaires des Pays-Bas et de la Belgique, qui savaient depuis des semaines l'existence d'oeufs contaminés au Fipronil, n'ont fait aucun cas de la santé des consommateurs des pays voisins, et des obligations d'information sanitaire imposées par le droit européen: elles ont fermé les yeux et tardé jusqu'au bout à prévenir les pays touchés.

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