La Libye interdit les navires étrangers près de ses côtes — Migrants

Un jeune garçon est transféré sur le Prudence au large des côtes libyennes le 9 juin 2017

Un jeune garçon est transféré sur le Prudence au large des côtes libyennes le 9 juin 2017

A bord de l'Aquarius - navire de 68 mètres affrété par la section d'Amsterdam de Médecins sans frontières et SOS Méditerranée - l'équipage scrutait en vain dimanche l'horizon avec des jumelles, selon un journaliste AFP à bord. Pas l'ombre d'une embarcation de migrants depuis une semaine et aucun autre bateau humanitaire sur zone dimanche.

Jeudi, la marine libyenne annonçait la création d'une zone de recherche et de sauvetage au large du territoire: interdite aux navires étrangers, en particulier aux ONG patrouillant pour secourir des migrants, sauf autorisation. Elle ne veut pas mettre en danger ses équipages après la décision de Tripoli d'interdire aux navires étrangers de naviguer dans ses eaux. Le lendemain, l'ONG allemande Sea Eye faisait une annonce similaire.

Le Prudence est le plus gros des bateaux de secours d'ONG actifs au large des côtes libyennes: il avait recueilli notamment un record de 1.500 personnes fin mai.

"Nous laissons un vide mortel en Méditerranée", a regretté le fondateur de Sea Eye, Michael Buschheuer, en calculant que son organisation avait sauvé environ 12.000 personnes en Méditerranée depuis avril 2016.

Dimanche, le gouvernement italien s'est pour sa part félicité du contrôle maritime accru de la Libye. Rome, soutenu par l'UE, vient de négocier avec les ONG un code de conduite pour les sauvetages signé désormais par la majorité des organisations. Les navires des ONG patrouillaient auparavant au plus près des eaux territoriales, à 12 milles, voire moins, distance à laquelle il était possible de voir la silhouette de la ville de Tripoli.

En parallèle, une enquête menée à l'Ouest de la Sicile a conduit à la saisie du bateau d'une ONG allemande pour des soupçons de liens directs avec des trafiquants au large de la Libye.

Une décision qui va dans le sens de celle prise la veille par les ONG Médecins sans frontières (MSF), "Save the Children" ou encore "Proactiva Open Arms".

"Nous avons fait deux choix: celui de soustraire des gains criminels aux trafiquants -parce que moins il y a de personnes qui partent, moins cela rapporte aux trafiquants- et celui de financer les agences de l'Onu -l'UNHCR et l'OIM- pour assurer des normes respectueuses des droits humains dans les camps libyens", a insisté M. Alfano.

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