Le cardinal Barbarin confesse ses "erreurs" — Pédophilie dans l'Eglise

Pédophilie dans l'Église: le cardinal Barbarin confesse ses erreurs

Pédophilie dans l'Église: le cardinal Barbarin confesse ses erreurs

Mais il réaffirme n'avoir "rien couvert du tout", dans un entretien publié samedi dans Le Monde.

Le cardinal Barbarin, qui devrait comparaître le 19 septembre prochain devant le tribunal correctionnel de Lyon à la demande de victimes présumées du père Bernard Preynat, précise également que le procès canonique - interne à l'Eglise - de ce dernier a été suspendu pour respecter la procédure judiciaire en cours. "Je réalise aujourd'hui que ma réponse d'alors n'était pas à la mesure de l'enjeu", admet l'archevêque. Le cardinal a été informé dès 2007 des agissements du père Preynat, lequel a reconnu les faits. L'archevêque de Lyon reconnaît avoir, dans ce dossier, commis des "erreurs". Le prêtre incriminé a perdu son ministère et a été muté, mais la justice n'a pas été alertée. Le procureur a décidé que Mgr Barbarin ne devait pas être poursuivi pour "non-dénonciation". Le prêtre est resté en poste jusqu'à l'été 2015, mais "pas un seul fait n'a été prouvé après 1991", fait valoir le cardinal Philippe Barbarin. Je trouve injuste qu'on utilise le verbe 'couvrir', car ça veut dire: 'Tu sais qu'il se passe des choses et tu fais comme si tu ne savais pas'. Surtout, il se défend d'avoir protégé le prêtre: "Je n'ai rien couvert du tout". Certains disent que ce n'est pas possible, et qu'un pédophile recommence inéluctablement. "C'est cela qui a été erreur, poursuit-il, la non-rétroactivité est une notion juridique, mais pas sociale". "Si on avait compris la force et l'impact de cette décision du pape, elle aurait dû être appliquée immédiatement à tous même pour des faits très anciens". "C'est cela qui a été une erreur", assure-il, reconnaissant "une autre erreur", quand il a reçu les victimes mais il se défend d'avoir voulu "couvrir" ces faits, un terme qu'il qualifie d'"inadmissible". L'archevêque souhaiterait que le pape François reçoive les victimes pour que "leur souffrance soit entendue". "Le cardinal O'Malley, qui dirige la commission pontificale contre les abus sexuels, voudrait une lettre signée du pape pour chacune des victimes".

Son "autre erreur" confessée au Monde concerne les victimes.

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