La Cour suprême ordonne la tenue d'un nouveau scrutin présidentiel — Kenya

L'élection présidentielle annulée au Kenya, une avancée pour le continent

Kenya : l'élection présidentielle invalidée

Le président kenyan Uhuru Kenyatta a appelé mardi la Cour suprême à rejeter une demande d'annulation des élections déposée par son principal adversaire, Raila Odinga, qui selon le président ne reposerait pas sur des preuves solides.

L'élection présidentielle "n'a pas été conduite en accord avec la Constitution ", a déclaré le juge président David Maraga.

Le 11 août, suite à l'annonce de la victoire d'Uhuru Kenyatta, des partisans de l'opposition à Nairobi, dans le comté Coast ainsi que dans les comtés de Kisumu, Siaya, Migori et Homabay dans l'ouest du pays ont protesté en chantant "Uhuru doit partir". L'instance, composée de sept juges, dispose de 14 jours à compter de cette date, soit jusqu'au vendredi 1er septembre, pour rendre son avis qui est définitif.

Si les arguments de l'opposition font mouche auprès des magistrats de la Cour, ces derniers pourront annuler le scrutin, obligeant l'IEBC à organiser une nouvelle élection présidentielle dans un délai de 60 jours.

Dès le lendemain du scrutin, la coalition d'opposition Nasa avait dénoncé des fraudes et s'était résolue le 18 août à saisir la Cour suprême.

Quelle en est la raison?

La Cour suprême a invité l'IEBC de mettre ses serveurs et tout ce qui est liée à leur exploitation à la disposition des représentants d'Odinga et du président Uhuru pour vérification, sous la supervision d'un responsable informatique désigné par le pouvoir judiciaire. Ainsi, des procès-verbaux comptant pour près de 600 000 votes auraient été signés par des assesseurs qui n'étaient pas habilités à le faire et les résultats de certains bureaux auraient été modifiés au moment de leur transmission. Ce laps de temps a pu, selon eux, permettre leur falsification. Au moins 21 personnes, dont un bébé et une fillette de neuf ans, avait été tuées dans ces manifestations et émeutes violemment réprimées par la police.

Après la décision de la Cour suprême, l'opposant Raila Odinga a expliqué qu'il n'avait "plus confiance " dans la Commission électorale.

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