Aung San Suu Kyi va sortir de son silence — Birmanie

Crise des Rohingyas

Crise des Rohingyas"Aung San Suu Kyi est obligée de composer avec l'armée au risque qu'elle reprenne le pouvoir"Plus

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé mercredi la Birmanie à suspendre ses opérations militaires contre la minorité Rohingya.

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a fait savoir de son côté qu'elle annulait un déplacement à l'ONU et promis de sortir publiquement de son silence.

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi ne se rendra pas à l'Assemblée générale des Nations-Unies: elle sera représentée par son second vice-président.

L'annonce a été faite par M. Zaw Htay, porte-parole de la responsable birmane, au moment où le Conseil de sécurité de l'Onu a réclamé à la Birmanie "des pas immédiats" pour faire cesser une "violence excessive" dans l'ouest du pays contre la minorité musulmane Rohingyas. S'agit-il de nettoyage ethnique? Pressée de s'exprimer par la communauté internationale, mais devant maintenir un précaire équilibre dans ses relations avec la très puissante armée birmane, Suu Kyi prononcera finalement le 19 septembre un discours télévisé sur la situation au Rakhine. Cette communauté souffrant de la dégradation de leur situation humanitaire continue de fuir l'horreur engendrée par la flambée de violences depuis fin août.

Les réfugiés arrivent au Bangladesh épuisés, démunis, affamés, après des jours de marche sous la pluie. Depuis fin août, plus de 370 mille Rohingyas ont franchi la frontière vers le Bangladesh pour fuir une opération de l'Armée birmane dans l'Etat de Rakhine.

Autorités locales et organisations internationales peinent à prendre en charge cette marée humaine.

Aung San Suu Kyi, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1991 pour sa lutte non violente en faveur de la démocratie et des droits de la personne dans son pays, fait l'objet de critiques sévères depuis quelques semaines pour son inaction face à la crise. 'Nous vous demandons d'agir immédiatement pour faire cesser les attaques militaires aveugles sur des civils innocents', indique ce texte signé entre autres par le Bangladais Muhammad Yunus, la Pakistanaise Malala Yousafzai et le Sud-Africain Desmond Tutu.

Quant à l'Ong Human rights watch, elle s'est attendue à des "décisions substantielles" qui seraient prises par le Conseil de sécurité, notamment un embargo sur les armes en Birmanie.

Dernières nouvelles