Dès 2018, l'État cessera de verser les "aides au maintien" — Bio

La région Nouvelle-­‐Aquitaine accueille une délégation européenne pour contribuer à renforcer la compétitivité de l’agriculture biologique

Aides bio: le ministère de l'Agriculture ne co-financera plus l'aide au maintien

Versées jusqu'à cinq ans après les trois premières années d'activité, elles sont destinées à stabiliser et pérenniser une jeune exploitation bio. À l'occasion du salon Tech et Bio que se tient cette semaine à Bourg-les-Valence dans la Drôme, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Stéphane Travert a, ce mercredi 20 septembre, précisé la nouvelle politique du gouvernement concernant les subventions destinées aux professionnels de l'agriculture "bio". Le ministre de l'Agriculture souhaite que le marché finance ce maintien, via notamment un fonds privé. Le ministre a aussi confirmé l'objectif de faire augmenter l'emprise de l'agriculture bio à "8,5% des surfaces agricoles utilisables" en France d'ici 2020, soit d'ici la fin de la programmation actuelle de la PAC, contre 6,5% en 2016. "Je souhaite que d'autres mécanismes que l'attribution systématique " d'aides au maintien " permettent aux producteurs déjà certifiés en agriculture biologique d'obtenir une juste rémunération " pour des " productions de qualité", a dit le ministre. Le secteur biologique français connaît une croissance historique. Le marché est estimé à plus de 7 milliards d'euros pour l'année 2016, en croissance de 20% par rapport à 2015, année au cours de laquelle une hausse de 15% avait déjà été enregistrée.

Stéphane Travert s'est en revanche déclaré prêt à accompagner le développement d'une "filière bio", incluant la transformation et la distribution des aliments, afin que les produits issus de l'agriculture biologique française puissent être écoulés correctement et sans gaspillage sur le marché.

La plus grosse composante de ces aides provient des fonds européens Feader (Fonds européen agricole pour le développement rural), gérés par les régions depuis la réforme 2014 de la PAC. En annonçant que l'Etat allait désormais s'en remettre aux régions pour financer les aides au maintien, le député de la Manche a provoqué la colère et l'incompréhension des acteurs de la filière.

L'État s'engage à honorer jusqu'au bout " les contrats pluri-annuels signés cette année", a souligné le cabinet du ministre jeudi 21 septembre. Pour ce faire, il compte sur les Etats généraux de l'alimentation (EGalim) qui ont débuté en juin 2017 et devraient se terminer en novembre, dans le but d'élaborer des "propositions concrètes" allant dans ce sens.

Et le crédit d'impôt dont bénéficient les producteurs bio, qui devait prendre fin en 2017, devrait être maintenu aussi, a affirmé le ministre dans son discours. "C'est une solution possible et ce n'est sans doute pas la seule", a-t-il ajouté.

Cet allègement fiscal, compris entre 2 500 et 4 000 euros selon le taux de conversion au bio de l'exploitation, devait initialement prendre fin en 2017.

Données sur les surfaces dédiées à l'agriculture bio et sur la taille moyenne des exploitations bio dans les pays européens.

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