Perturbateurs endocriniens : les risques liés à une exposition prénatale se confirment

Perturbateurs endocriniens et grossesse : une étude prouve les dangers réels sur les petits garçons

Perturbateurs endocriniens : les risques liés à une exposition prénatale se confirment

A cet égard, les composés "les plus préoccupants" sont le bisphénol A et le triclosan et le DBP (di-n-butyl phtalate).

Une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale vient de révéler que l'exposition à des perturbateurs endocriniens pendant la grossesse augmente le risque que l'enfant souffre de troubles du comportement.

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont une nouvelle fois dans le viseur des scientifiques. Mais on le trouve encore dans les lunettes, les CD etc. Le triclosan est un antibactérien présent dans certains dentifrices et savons. Ces recherches en cours vont également permettre d'identifier les "potentielles périodes de sensibilité aux phénols et phtalates sur différents événements de santé tels que la croissance, le comportement ou la santé respiratoire", mais aussi les effets de ces expositions sur les petites filles.

Des études menées chez l'animal avaient déjà révélé que ces substances "pouvaient interagir avec des systèmes hormonaux impliqués dans le développement normal du système nerveux central ", rappelle l'Inserm. Il reste autorisé dans certaines limites dans les cosmétiques.

L'étude, réalisée par Claire Philippat et pilotée par Rémy Slama, a porté sur 529 petits garçons de la cohorte mère-enfant Eden, mise en place par l'Inserm. Les femmes enceintes ont été recrutées entre 2003 et 2006 dans les CHU de Nancy et de Poitiers.

Pendant leur grossesse, ces femmes ont vu leur urine analysée pour doser les biomarqueurs caractéristiques de l'exposition aux phénols et aux phtalates. La plupart des mères étaient exposées à différentes substances, dont le bisphénol A -de 1 à 3 microgramme par litre d'urine-, le triclosan -de 10 à 100 µg par litre-, et le méthylparabène -50 à 200. Aux 3e et 5e anniversaires de leur enfant, elles ont rempli un questionnaire évaluant leur comportement.

L'étude montre que l'exposition au bisphénol A était associée à une augmentation des troubles relationnels à 3 ans et des comportements de type hyperactif à 5 ans. Enfin, le DBP est utilisé comme plastifiant dans des plastiques de type PVC, certaines colles, des vernis à ongles ou des laques pour cheveux.

Le DBP était lui associé à davantage de troubles émotionnels et relationnels, incluant les comportements de repli, à 3 ans, mais pas à 5 en ce qui concerne les troubles émotionnels.

L'Inserm établit un lien entre hyperactivité, troubles émotionnels et perturbateurs endocriniens.

Les auteurs de ces travaux continuent leurs recherches sur une plus grande cohorte (cohorte mère-enfant SEPAGES) dans la région grenobloise, coordonnée par l'Inserm et soutenue par l'European Research Council. Ces effets se retrouvent à des expositions faibles, "probablement inférieures à celles préconisées par l'autorité européenne de sécurité alimentaire, l'EFSA", indique l'étude.

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