"Risque d'importantes pénalités" pour Airbus — Enquête pour corruption

Un modèle d'avion de combat d'Eurofighter Typhoon est présenté le 28 octobre 2013 à Goyang au nord de Séoul

Eurofighter: enquête contre Airbus "bientôt bouclée" en Allemagne (parquet)

Si une lourde pénalité devait être infligée par les autorités britanniques, les comptes du groupe aéronautique en pâtiraient alors que sur le plan industriel certains programmes comme l'A320 NEO motorisé par le Canadien Pratt & Whitney ou encore l'Airbus militaire A400 M pèsent déjà dans les comptes en raison de retards et de surcoûts.

Dans le cadre de la plainte déposée en février par le gouvernement autrichien contre le groupe aéronautique, Airbus avait indiqué le 18 septembre avoir remis au parquet de Vienne un avis juridique exposant son point de vue selon lequel "l'Autriche n'a pas été trompée sur la capacité de livraison et les coûts des opérations de compensation" de ce contrat qui remonte à 2003. Le président exécutif de l'avionneur européen a reconnu dans une lettre adressée vendredi 6 octobre à tous les salariés que le groupe faisait " l'objet d'enquêtes pour présomption de violation des lois anticorruption ". Une décision prise afin de répondre aux " standards d'éthique " et aux " règles de conformité " de l'entreprise. "Toutefois le processus sera long et de sérieuses conséquences ne sont pas à exclure, notamment le risque d'importantes pénalités pour l'entreprise", souligne-t-il. Dans le sillage de l'enquête anglaise, le parquet national financier (PNF) français avait informé Airbus en mars de l'ouverture d'une enquête préliminaire en lien avec celle du SFO. En Allemagne aussi, ce contrat controversé fait l'objet d'une enquête.

Le parquet général de Munich a annoncé vendredi que l'enquête (également ouverte par l'Allemagne) serait bientôt bouclée mais que " peu de preuves " d'une corruption étaient réunies pour le moment. A cette date, Tom Enders dirigeait la branche défense d'EADS, devenu Airbus Group en janvier 2014. Selon le site Mediapart et l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, Thomas Enders serait " impliqué dans la création d'une caisse noire qui aurait servi à distribuer des pots-de-vin pour vendre des Eurofighter à l'Autriche ". Il s'agit cette fois concernant des soupçons de corruption dans les activités d'aviation civile au Royaume-Uni.

"Nous serons probablement confrontés à une exposition médiatique fréquente, factuelle ou pas, à des fuites et de fausses allégations répandues par des personnes ayant un intérêt à discréditer la direction d'Airbus", prévient M. Enders, avant de demander aux salariés de se préparer " à vivre une période turbulente et déroutante".

Dernières nouvelles