Bientôt la fin du 'Monde de Nemo' ? Les poissons-clowns en danger

Le poisson-clown vit en symbiose avec son anémone et souffre de l'affaiblissement de celle-ci

Océans : Nemo a trop chaud

Le blanchissement des coraux est une conséquence bien connue du réchauffement. Ainsi, les poissons-clowns se protègent des prédateurs en s'abritant parmi les tentacules des anémones, et pondent chaque mois au pied de celles-ci. Leurs résultats, publiés dans la revue Nature Communications du 10 octobre, sont sans appel.

Comme les coraux, les anémones de mer doivent leurs couleurs à des micro-algues qui les composent.

Son début (par rapport à.), d'octobre 2015 à décembre 2016, chercheurs et étudiants ont rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie) d'une scène créée dans un logiciel de modélisation 3D comportant à la fois des objets et des sources de lumière et vue.) visite à treize couples de poissons-clowns et à leurs anémones hôtes, dans les récifs coralliens de l'île de Moorea (Polynésie française). Cette étude a été réalisée avant et après le passage de l'ouragan El Niño qui a provoqué, en 2016, un réchauffement des eaux de deux degrés. "La moitié des anémones suivies dans cette étude ont blanchi elles aussi en perdant leurs microalgues", indique la publication du Criobe. "Des prélèvements de sang sur les couples de poissons-clowns ont permis de constater une forte hausse des taux de cortisol, l'hormone du stress, et une baisse importante des concentrations en hormones sexuelles (les équivalents de la testostérone et de l'œstradiol)". Ces poissons pondaient moins fréquemment, des ufs moins nombreux et moins viables – alors que ces paramètres étaient inchangés chez les poissons abrités par les anémones non blanchies. Ainsi, le blanchiment des anémones provoque un stress qui diminue les taux d'hormones sexuelles et donc la fécondité des poissons.

Près de quatre mois après la fin de l'épisode de réchauffement, les chercheurs ont noté que l'état de santé des anémones et des poissons s'est amélioré. Ce constat interroge néanmoins: "Mais en aurait-il été de même avec un réchauffement plus intense, ou plus long?" Et pour s'en prémunir, il allait se blottir dans les tentacules d'une anémone. Du fait de ces réactions en cascade, le CNRS souligne qu' " en cas de blanchissement prolongé, comme celui de la Grande barrière de corail australienne en 2016 et 2017, c'est le renouvellement de toutes ces populations qui pourrait être affecté, et avec lui la stabilité des écosystèmes.

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