Activités de Lafarge en Syrie: l'ONG Sherpa demande l'audition de Laurent Fabius

Laurent Fabius au courant des activités de Lafarge avec Daesh

INFO FRANCEINFO. Lafarge en Syrie : d'anciens employés ...

Depuis juin 2017, trois juges enquêtent sur des soupçons de financement du terrorisme et sur une possible mise en danger de la vie d'autrui des salariés.

La "demande d'acte" a été déposée cette semaine auprès des juges d'instruction du TGI de Paris. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères entre 2012 et 2016, pouvait-il l'ignorer?

La filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS) est notamment accusée d'avoir contribué au financement de Daech en lui versant de l'argent en 2013-2014 pour pouvoir continuer à travailler dans une région contrôlée par cette organisation terroriste. "La justice française ne doit oublier aucun acteur dans cette affaire (.) L'État doit être exemplaire, les juges doivent donc rechercher son éventuelle responsabilité"; déplore de son côté Marie Maure Guislain, responsable du contentieux de l'ONG Sherpa.

L'ONG Sherpa, chargée de la défense des anciens salariés syriens de Lafarge, réclame l'audition de l'ancien ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. "Le quai d'Orsay nous dit qu'il faut tenir, que ça va se régler (.) On allait voir, tous les six mois, l'ambassadeur de France pour la Syrie et personne ne nous a dit: 'Maintenant il faut que vous partiez'", a relevé Christian Herrault, ex-directeur général adjoint opérationnel, ont dévoilé les enquêteurs début octobre. Onze anciens salariés de l'usine syrienne ont saisi la justice française pour "mise en danger de la vie d'autrui".

Plusieurs dirigeants du cimentier ont affirmé cependant que le quai d'Orsay était informé des activités de l'entreprise. Certains auraient même dit que le Quai d'Orsay les aurait poussé à rester en Syrie malgré la guerre. Selon Sherpa, un ancien cadre de Lafarge, qui a travaillé 30 ans pour le groupe, "a déclaré avoir été en contact régulier avec le Quai d'Orsay, qui n'a jamais dit à Lafarge d'arrêter (ses activités en Syrie), bien au contraire". Une version contestée par la diplomatie française: le ministère des Affaires étrangères aurait "alerté le groupe Lafarge sur les risques encourus à rester en Syrie".

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