Calme précaire à Lomé avant une marche interdite de l'opposition — Togo

Alpha Condé en médiateur de la crise togolaise

Togo : Le gouvernement tue des manifestants à mains nues et crie au "terrorisme"

A Sokodé, dans le Nord du pays, des violences meurtrières avaient déjà éclaté la veille, trois personnes ont été tuées par balle, a déclaré à la presse le ministre de la Sécurité, le colonel Yark Damehame.

L'opposition togolaise signale pour sa part " trois morts et une quarantaine de blessés " dont par balles tirées de pistolets silencieux par les forces de l'ordre et des bastonnades jusque dans les domiciles.

Dans d'autres quartiers comme Amoutivé, des équipes de nettoyage continuaient à libérer les voies des restes de barricades ou carcasses de voitures incendiées la veille.

L'opposition dénonce depuis le mois d'août un projet de réforme de la Constitution qui permettrait au président Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, de gouverner jusqu'en 2030.

"Nous sommes décidés à aller jusqu'au bout".

"Nous sommes toujours calfeutrés chez nous".

Mis dos au mur en effet par une opposition qui a réussi à taire ses divergences pour, à la quasi-unanimité, faire de l'impératif de la fin du règne dynastique de la famille Eyadéma l'élément catalyseur d'une révolte populaire qui sourdait depuis des décennies faute d'être canalisée, le gouvernement du président Faure Eyadéma n'a pas trouvé mieux que d'annoncer au monde mardi, qu'il était victime d'attentats terroristes. "On a très peur des bérets rouges", a-t-il indiqué.

" Oui! Il y a eu un certain nombre de dérapages et des enquêtes ont été menés par la police et la gendarmerie et les éléments des forces de sécurité qui ont pu commettre ces dérapages, eh bien ils ont été sanctionnés par leur hiérarchie", a reconnu le ministre Lorenzo. Ces mercredi 18 et jeudi 19 octobre des manifestants, sur appel de l'opposition était une fois de plus dans les rues pour mettre la pression.

La semaine dernière, le gouvernement avait interdit les marches pendant les jours de semaine. Il n'est un secret pour personne que de nombreuses manifestations ont eu lieu dans le pays depuis plusieurs semaines.

Il convient de préciser que les manifestations considérées comme des "actes à visées terroristes" sont la résultante de l'acharnement des autorités togolaises contre la personne de l'imam de la mosquée de Sokodé, Djobo Mohamed Alassani, dont ils disent qu'il s'est "livré dans son prêche à des appels aux meurtres des militaires et des citoyens togolais ". Amnesty International a également recensé l'arrestation de "plus de 100 manifestants, dont au moins 28 condamnés".

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