Des élus de gauche français pro-palestiniens interdits d'entrée en Israël

Israël recale sept élus dont les députées Danièle Obono et Clémentine Autain

Israël recale sept élus dont les députées Danièle Obono et Clémentine Autain

La délégation LFI, qui prévoyait également de rencontrer l'avocat franco-palestinien Salah Hamouri, en détention administrative en Israël depuis le 23 août, s'est insurgée: "Comment ne pourrions-nous pas rendre visite à notre compatriote Salah Hamouri, privé de liberté pour son engagement politique?'"

D'après Jerusalem Post, Arye Deri, ministre israélien de l'intérieur et Gilad Erdan, ministre israélien de la Sécurité Publique, ont publié les pétitions qui ont été signées par ces personnalités appelant à boycotter Israël pour ses traitements infligés aux Palestiniens et comparant cette situation à la politique d'Apartheid mise en place par les colons néerlandais en Afrique du Sud.

La délégation espérait rencontrer Barghouti, un éminent dirigeant et prisonnier qui purge cinq peines d'emprisonnement à perpétuité pour son assassinat de 26 personnes dans des attentats suicides et des embuscades lors de la deuxième Intifada. Les autorités israéliennes recommandent donc par avance aux élus français, qui devaient partir samedi prochain, "de ne pas prendre l'avion du tout".

Marwan Barghouti, haut cadre du Fatah emprisonné depuis plus de quinze ans par Israël, est surnommé par ses sympathisants le "Mandela palestinien". Seuls les élus français sont visés par la mesure israélienne. L'État hébreu a engagé la bataille contre ce mouvement, qu'il taxe d'antisémite, en adoptant au mois de mars une loi interdisant l'entrée sur son territoire aux partisans de celui-ci.

Des élus français du Parti communiste et de La France Insoumise - dont les quatre députés Clémentine Autain, Michel Larive, Danièle Obono et Muriel Ressiguier - avaient indiqué lundi matin, dans un communiqué, qu'ils comptaient se rendre en Israël et dans les Territoires palestiniens du 18 au 23 novembre pour "alerter sur la situation des près de 6.000 prisonniers politiques palestiniens".

Le journal israélien Haaretz a pu consulter un document officiel émanant du ministère des Affaires stratégiques, dans lequel les élus français sont présentés comme des "provocateurs".

"Dans un communiqué, La France insoumise a dénoncé après la déclaration israélienne un " déni de démocratie et de liberté " qui est " aussi consternant qu'inacceptable ". Le mouvement appelle "le président de la République, le gouvernement et le président de l'Assemblée nationale à intervenir pour que cette menace d'interdiction ne soit pas rendue possible", estimant qu'"il en va de la démocratie et de la paix".

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